mardi 8 mai 2012

"Armistice" ?


Ce matin (08 mai 2012), à 09h30, j’écoutais, à la radio, le journal d’informations de France Info. Par deux fois (peut-être plus, ensuite, mais je n’ai pas écouté longtemps) la présentatrice a expliqué qu’aujourd’hui on commémorait "l’armistice" de 1945.
L'armistice ? Ah oui ? Vous êtes sûre ? Hé non, c'est faux. Cela nécessite un petit rappel.
Il n'y a pas eu de signature d'armistice en 1945, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais il y a bien eu signature d'un armistice en 1918, à la fin de la Première Guerre mondiale. Il faut le savoir, et s'en souvenir.
Le 11 novembre 1918, la France et l'Allemagne signent un armistice, à Rethondes (Compiègne). C'est une trêve dans les combats, un cessez-le feu, en vue de négocier la fin des hostilités.
Mais au cours de la Seconde Guerre mondiale, les Alliés décident qu'ils exigeront de l'Allemagne une capitulation sans condition (ce qui est plus dur, et signifie la reconnaissance immédiate de la défaite militaire totale, et entraîne des conséquences en termes de mise sous tutelle). En mai 1945, l'armée allemande, aux ressources épuisées, surclassée à l'ouest par l'armée américaine et à l'est par l'armée russe (entre autres) se déclare vaincue et accepte de signer la capitulation sans conditions. Cela se déroule comme ceci :
1. le 7 mai 1945, à Reims, dans le quartier général des armées alliées (du Général Eisenhower), le général allemand Alfred Jodl, chef d'état-major, et virtuellement adjoint de Wilhelm Keitel à l'OKW (Oberkommando der Wehrmacht) signe la capitulation de l'Allemagne (reddition militaire). Mais Staline veut que l'armée allemande capitule également devant l'armée russe, donc une deuxième capitulation sera signée.
2. dans la nuit du 8 au 9 mai 1945, à Berlin, devant les forces armées russes (en présence du maréchal Joukov, le vainqueur de Stalingrad), c'est cette fois-ci le maréchal Wilhelm Keitel, le chef de l'OKW, qui vient signer la capitulation de l'Allemagne.
Voilà un résumé très succinct, mais qui représente l'essentiel qu'on doit savoir.
Comment se fait-il que la présentatrice de France Info ne sache pas cela ? Et comment se fait-il qu'elle ne se soit pas faite reprendre par ses collègues de la radio présents dans le studio ? Cette erreur, hélas, n'est pas rare. On voit parfois, sur des affiches imprimées par des mairies, annonçant les festivités (commémoration, etc.) du 8 mai dans des villes, le mot "armistice" au lieu de l'expression "capitulation".
C'est une erreur historique. Hélas, même chez les journalistes, on n'est plus à ça près.