dimanche 7 avril 2013

L'assassinat de Kennedy : un complot texan ? Non, pas du tout !

Bonjour à tous,
En 2003, à l'occasion du 40e anniversaire, on a beaucoup parlé de l'assassinat de Kennedy en France, grâce à un auteur français du nom de William Reymond.
Dans son livre (son deuxième sur le sujet), cet auteur complotiste affirmait avoir trouvé la vérité sur l'assassinat du président Kennedy, à savoir que c'était un complot texan, dont l'instigateur-conspirateur en chef n'était autre que le vice-président Lyndon Johnson, lui-même. En illustration et renforcement de son livre, William Reymond nous gratifia d'un documentaire (réalisé avec Bernard Nicolas), diffusé alors sur Canal+ (il fut diffusé sur au moins une autre chaîne télé depuis).
Pour ceux qui ne l'avaient pas encore vu, voici ce documentaire en entier :





Et voici les deux livres écrits sur le sujet par William Reymond (le premier en 1998, et le second, qui nous intéresse ici, en 2003) :






Pour ceux qui souhaiteraient lire une critique du premier livre, voici un lien vers un article intéressant :
http://www.zetetique.ldh.org/kennedy.html



En ce qui concerne la thèse de 2003 de William Reymond, à savoir un complot de Lyndon Johnson dont le bras armé aurait été Malcolm Wallace, j'avais écrit à l'époque une longue lettre ouverte à William Reymond, lettre reproduite in extenso dans mon livre "Elm Street".

Cette thèse, je la juge farfelue, absurde et fausse. Et voici pourquoi :


ð critiques sur le livre de William Reymond
William Reymond a écrit deux livres sur le sujet de l'assassinat de Kennedy: "JFK, autopsie d’un crime d’Etat" (Flammarion, 1998) et "JFK, le dernier témoin" (Flammarion 2003).
Dans le premier livre, à la page 412, Reymond écrit : "La deuxième équipe Action est celle du Texas School Book Depository, composée de Lee Harvey Oswald et des deux Cubains anticastristes, Yito del Valle et Hermino Diaz Garcia. De nombreux éléments permettent d’avancer leurs noms avec certitude". Plus loin (page 413), il écrit : "Autre élément permettant de savoir que c’est Yito qui a tiré… cliché qui ne laisse planer aucun doute : c’est bien [Hermino Diaz] qui se trouvait au cinquième étage du Texas School Book Depository". Le vocabulaire employé par l'auteur William Reymond est expressif. Dans son premier livre, il prétend donc que c'est un dénommé Yito del Valle, complice d’Hermino Diaz (tous deux Cubains anticastristes) qui a tué Kennedy. Or, voilà que dans son deuxième livre, sorti en 2003, William Reymond affirme que l'homme qui a tué Kennedy s'appelait en fait Malcolm Wallace (et n'était pas cubain, mais texan). OK. Pourquoi pas ? Mais où sont passé les "certitude" et "aucun doute" ? Où sont passés del Valle et de Diaz ? Reymond ne l'explique pas. S'était-il trompé ? Avait-il accusé des gens à tort ? Se trompe-t-il cette fois-ci ? Nul ne sait…
Dans son deuxième livre, "JFK, le dernier témoin" (le livre qui nous intéresse ici) Reymond affirme, "preuve à l’appui", que Mac Wallace était à côté de Lee Oswald, ce 22 novembre, et qu’il était "le 2e tireur". Pourquoi pas ? Mais le problème, c’est que Billie Sol Estes, le "protégé" de William Reymond, sa source principale, prétend, lui, que Mac Wallace était devant le cortège présidentiel, précisément derrière la palissade en bois.
En effet, dans le document de son avocat Douglas Caddy (pages 396 à 398, annexes) que présente William Reymond, il est écrit : "Mr. Estes says that Cliff Carter told him that Mack Wallace fired a shot from the grassy knoll in Dallas, which hit JFK from the front during the assassination". Je n’invente rien. Mais Wallace (si on accepte la théorie de son implication dans l'assassinat) était soit devant, soit derrière Kennedy, mais pas les deux. Il faut choisir.
La meilleure preuve de William Reymond, d'après lui, c’est la cassette avec Cliff Carter. Cette fameuse cassette, possession de Billie Sol Estes, où on entend distinctement, d’après Reymond, Cliff Carter, ancien ami et proche conseiller de Johnson, dire ceci : "Lyndon n’aurait pas dû donner à Mac l’ordre de tuer le président" (enregistrement en 1971). Voilà, c’est tout. C’est un peu léger, non ? Car ce n’est pas une preuve, mais tout au plus une accusation. Une accusation indirecte. Un enregistrement sur une cassette appartenant à un homme (Billie Sol Estes), dans laquelle on entend un autre homme (Cliff Carter) accuser un troisième homme (Lyndon Johnson) qui n’est pas présent lors de la conversation… J'ai vu mieux. Et puis, Billie Sol Estes prétend que ses cassettes (enregistrements de conversations) l’ont protégé, et que sans elles, il aurait déjà été tué. Mais alors, pourquoi avoue-t-il la vérité et informe-t-il le public du contenu des cassettes en lançant ses accusations contre Cliff Carter et Lyndon Johnson ? Car cela revient au même, finalement. En clair, s’il parle, s’il vide son sac, il devient dangereux, et doit être éliminé. Normalement, ses cassettes ne le protègent plus dès lors qu’il livre ses secrets sur la place publique. De plus, comment expliquer le paradoxe suivant ? D'après Reymond, quand Clint Peoples a un dossier qui prouve la participation du trio Wallace-Carter-Johnson à l’assassinat de JFK, "on" le tue et on récupère son dossier. Mais quand Billie Sol Estes a des cassettes qui prouvent la participation du trio Wallace-Carter-Johnson à l’assassinat de JFK, "on" le laisse tranquille, "on" lui laisse la vie sauve, et "on" ne fait rien. N'est-ce pas bizarre ? Enfin, si vraiment de simples cassettes permettent de se sauvegarder des tueurs, on se dit qu'il est dommage que John Kennedy n'avait pas de cassettes, lui (pardon pour le sarcasme).
Billie Sol Estes accrédite l’histoire, souvent racontée par les complotistes, et notamment Madeleine Brown et Barr McClellan, de la fameuse soirée dans la maison de Clinton (ou Clint) Murchison. Brièvement, cette histoire veut que le 21 novembre 1963, le milliardaire texan Clint Murchison avait organisé une soirée chez lui, à Dallas. Parmi les invités, on pouvait noter la présence de Richard Nixon (l’ancien vice-président d’Eisenhower, adversaire républicain malheureux de JFK à la présidence), de J. Edgar Hoover (le patron du FBI), et de Lyndon Johnson lui-même (le Vice-président). Et c’est ce soir-là que Johnson aurait lancé l’avertissement selon lequel les Kennedy, le lendemain, ne seraient plus un problème pour lui. Le sous-entendu étant que Johnson savait donc que Kennedy serait assassiné le lendemain. Concernant cette fameuse soirée chez Clint Murchison, un mythe dont Madeleine Brown est à l'origine, les vérifications faites ont montré qu’elle n’avait jamais eu lieu. C’est de la pure invention [1]. Quand bien même une fête aurait été organisée à Dallas, il est certain que ni Johnson, ni Nixon n’y sont allés. Ils avaient des alibis. Concernant Johnson, le vice-président faisant partie de la délégation accompagnant le président Kennedy dans ce voyage officiel, on sait exactement où il était : à Fort Worth. Mais écoutons plutôt ce que Walt Brown, pourtant complotiste convaincu, a à dire à ce sujet :
"The source for that story is Madeleine Brown. And I have a long recording of Madeleine Brown from 1992/93, and she told me the name of the eight people that were there. My friend Jay Harrison interviewed her in 1996 and she named about twelve or fourteen people that were there. He then went back to his hotel, typed-up the entire interview, printed it out, went back and met Madeleine the next day and had her read the interview and sign each page. And some of the questions were "Was Connally there ?", "No", and on and on. And then in 2001 or 2002 somebody comes out with a book and says, and names forty people that were there. And some of the people I garanty you could not possibly have been there. And I called Madeleine.
I said "Madeleine, what's going on ?" […] She became very economically challenged toward the end of her life and I think all she had left to market was her story. And she did. Because it became a video, and there's the whole thing, but, it's not the truth."[2]
Ø Traduction (par F. Carlier) : «La source de cette histoire, c'est Madeleine Brown. Et j'ai un long enregistrement de Madeleine Brown, des années 1992/93, et elle m'a dit le nom des huit personnes qui étaient présentes. Mon ami Jay Harrison l'a interviewée en 1996 et elle a nommé environ douze ou quatorze personnes qui étaient présentes. Il est ensuite rentré à son hôtel, a tapé à la machine l'interview en entier, l'a imprimée, est retourné voir Madeleine le jour suivant, et lui a fait lire l'interview et en signer chacune des pages. Et certaines des questions étaient : «Est-ce que Connally était là ?, «Non»», etc. Et puis en 2001 ou 2002, quelqu'un sort un livre et dit, et nomme quarante personnes qui étaient présentes. Et je vous garantis que certaines de ces personnes ne pouvaient absolument pas avoir été là. Alors j'ai appelé Madeleine. J'ai dit : «Madeleine, qu'est-ce qui se passe ?» […] Elle connaissait une situation économique difficile vers la fin de sa vie, et je pense que tout ce qu'il lui restait à vendre, c'était son histoire. Et c'est ce qu'elle a fait. Parce que c'est devenu une vidéo, et tout ça, mais, ce n'est pas la vérité.»
Et voilà. Et c'est un complotiste qui le dit ! Madeleine Brown a raconté des histoires pour gagner de l'argent. N'est-ce pas incroyable ? Le pire est que des gens y aient cru et aient continué de propager ces balivernes, sans les vérifier, dans quantités de livres et émissions complotistes.


ð critiques sur le documentaire
1. D'abord, que le public sache bien que cette thèse est "extrême". Je veux dire par là qu'elle n'est pas répandue, même au sein de la communauté complotiste. Il faut savoir que si on sépare le monde en deux camps : les défenseurs de la version officielle d'un côté, et les complotistes de l'autre, eh bien, parmi ceux-ci, seulement une partie, une petite partie, on pourrait dire, croit à la thèse de la culpabilité de Johnson. Une partie "extrémiste", si j'ose dire. Le public ne doit donc pas penser, comme le laisserait croire ce documentaire, que celui-ci propose la version alternative à la version officielle, mais seulement une version alternative, parmi beaucoup d'autres, qui sont, par ailleurs, mutuellement exclusives. Par exemple, sur Black Op Radio, la radio complotiste canadienne, qui propose des émissions hebdomadaires, Don Thomas, complotiste, a dit que d'après lui Lyndon Johnson ne savait pas qui avait tiré (émission n°492, 16 septembre 2010). D'ailleurs le héros complotiste Fletcher Prouty, ancien colonel, disait aussi que Johnson ne savait pas qui avait tué Kennedy. Cette thèse de Bernard Nicolas et William Reymond reste donc bien une théorie, très loin de faire l'unanimité même au sein des complotistes les plus convaincus.
2. Il est question, au début du reportage, de "témoins accourus sur les lieux [qui] retrouvent des balles perdues dans l’herbe", témoins qui auraient été volontairement écartés par le FBI. QUOI ?!?! Des balles perdues dans l’herbe ? Mais c’est complètement nouveau, ça. Et c’est une information d’un extrême importance ! Malheureusement, c’est juste une phrase, lancée comme ça, sur laquelle le documentaire ne revient pas. Qui sont ces témoins ? Où sont les balles ? Quelles sont les preuves ? Nous ne le saurons jamais. Dommage, car en réalité c'est justement cette absence de toute balle qui rend peu crédible la thèse du tireur de face. Le stratagème du documentaire est malhonnête. C'est de la désinformation, pure et simple.
3. L’un des points les moins probants, c’est le moment où le policier Jay Harrison montre à William Reymond un échange de courriers entre Hoover et Wallace. Il parle de deux lettres. On s’attend à apprendre qu’elles contiennent des éléments soutenant la théorie du complot. Mais pas du tout. En fait, rien n’est dit sur leur contenu, mais seulement sur leurs dates d’envoi. On croit rêver. Quelle foutaise ! C’est vide.
4.. Le documentaire, comme le livre de William Reymond, introduit le personnage de Liggett, un homme qui aurait maquillé le corps de Kennedy. Inutile de dire que c’est la partie la plus faible de cette thèse, une supposition jamais étayée. Rien n'est expliqué. Dois-je dire ici que personne, dans la communauté complotiste américaine (même pas David Lifton, l'auteur le plus extrème en ce qui concerne l'aspect médical) ne mentionne, ni ne retient Liggett dans aucun scénario. C'est tout dire. Mais on atteint les tréfonds de l'absurdité, de la bêtise, de la fiction, et de tout cela à la fois, quand on nous dit dans le documentaire que la femme de Liggett a revu — furtivement — celui-ci, des années après sa mort, dans un casino de Las Vegas. Et lui l'a fait évacuer par un employé du casino ? On atteint là le niveau d'un dessin animé. Mais attendez, ce n'est pas fini. Malcolm Wallace aussi a été vu, des années après sa mort dans ce casino de Las Vegas (le "Horseshoe")… Mais William Reymond et Bernad Nicolas croient-ils s'adresser à des enfants de trois ans ? Mais moi, je vais aller à Las Vegas, et qui sait, j'aurai peut-être la chance de voir Michael Jackson dans ce fameux casino !!!
5. Quand on voit le policier Gerry Hill parler à William Reymond dans un bar de Dallas, il faut faire attention au montage des courts extraits traduits de l'interview. On sait bien qu'on peut faire croire n'importe quoi. Le documentaire semble vouloir nous faire croire que Gerry Hill (Gerald L. Hill) aurait des doutes ou soutiendrait l'idée d'un complot ? Ce n'est absolument pas le cas. Hill, qui a vécu les événements de près (il est allé sur la scène du meurtre de Tippit et était au Texas Theater pour l'arrestation d'Oswald, entre autres) et connaissait bien Jack Ruby, est convaincu de la véracité de la version officielle et rejette les théories du complot, comme on peut le lire dans le livre No more silence, de Larry A. Sneed, pages 292 à 305.
6. Contrairement à ce que laisse entendre ce documentaire, de tous les employés venus travailler au Texas School Book Depository ce jour-là, Oswald est bien le seul à avoir quitté les lieux après l'assassinat, et sans prévenir personne, en plus. C'est pour cela que les policiers ont voulu aller le chercher chez lui, et ont appris qu'il venait d'être arrêté au Texas Theater.
7. Le documentaire a le don de lancer des allusions floues qui n'ont pas de réelle signification. Le coup des dix-neuf locataires voisins d'Oswald en est un parfait exemple. On ne sait pas où la paire William Reymond/Jay Harrison veut en venir. Oswald avait des voisins ? Et alors ? On s'en fiche. Cela n'a aucun rapport avec l'assassinat. Et le documentaire appelle ça "une bizarrerie" ? De l'art de perdre son temps avec du vide…
8. À propos de Ted Gunderson, on a là un exemple intéressant. Voilà en effet un homme, ancien agent du FBI, qui implique le FBI, mais qui n'a commencé à avoir des soupçons qu'après qu'il eut quitté le FBI. En d'autres termes, tant qu'il travaillait au FBI, il n'y a rien appris, ni rien découvert, qui puisse lui faire penser que le FBI ait eu quelque chose à se reprocher. Il n'a rien trouvé à l'intérieur du bureau. Mais c'est seulement des années après qu'il se pose des questions. Finalement, son exemple est plutôt un bon signe de l'honnêteté du FBI et de sa non-participation à un quelconque complot. De plus, les soupçons de Gunderson se basent, non pas sur des éléments concrets, mais sur sa propre analyse de la trajectoire des balles. C'est ridicule, quand on sait que la trajectoire des balles ne pose pas du tout de problème aux vrais experts.
9. Si je comprends bien le documentaire de Reymond/Nicolas, si c'est Wallace et ses amis qui ont tué Kennedy sur ordre de Johnson, alors la thèse de Jim Garrison, qui accuse Clay Shaw et David Ferrie était fausse. Si c'est une affaire purement texane (Johnson – Wallace – Carter – Estes), il n'y a donc pas eu de préparation en Louisiane (Shaw – Ferrie – Banister). Donc, le film JFK d'Oliver Stone était faux ? Soyons clair ! Disons les choses ! Mais pourquoi William Reymond ne le dit-il pas ? Ce n'est pas du tout professionnel : Reymond lance des accusations sans nous dire comment sa thèse s'inscrit dans la version globale de la théorie du complot. Reymond ne se préoccupe pas des incompatibilités entre sa théorie et d'autres théories. Il dit ce qu'il veut, et on ne doit surtout pas réfléchir plus loin.



ð Billie Sol Estes
Billie Sol Estes est un personnage dont l’honnêteté n’est pas la qualité première, et dont on peut douter de la parole, lui qui a fait de la prison fraude à plusieurs reprises dans sa vie, et qui a dit à un juge, en 1979 : "I have a problem. I live in a dream world" (traduction par F. Carlier : «J'ai un problème. Je vis dans un monde fantastique.»). S'il le dit, …
Le documentaire voudrait nous faire croire que Cliff Carter et Billie Sol Estes avaient des informations compromettantes sur Lyndon Johnson, et que celui-ci les a abandonnés, mais pourtant à aucun moment ils ne l'ont dénoncé. Ainsi, avec Johnson, ce n'est plus "Aidez-moi, je vous couvre", mais "Aidez-moi, je vous trahis, mais ça marche quand même bien pour moi". Quel chanceux, ce Lyndon, d'avoir des amis comme ça !



ð Lyndon Johnson
William Reymond, dans son livre, ose accuser Lyndon Johnson d'avoir fait assassiner John Kennedy. Le détestait-il donc à ce point ? Je crois plutôt que non. Lyndon Johnson était proche de John Kennedy, non seulement politiquement, ou par ses fonctions, mais également humainement. Les deux hommes avaient de l’amitié et du respect l’un pour l’autre.
Pierre Salinger, qui connut John Kennedy dès l’époque où celui-ci fut sénateur, fut son collaborateur dès la fin des années cinquante, et ensuite "Press secretary" de la Maison Blanche sous la présidence de JFK, a très bien connu John Kennedy et Lyndon Johnson (il fut même "Press secretary" sous Johnson pendant encore cinq mois). Il a vécu avec eux pendant des années, partageant des moments privés en compagnie des deux hommes. J’ai rencontré Pierre Salinger à trois reprises, et fait une interview enregistrée de lui en 1993, dans ses bureaux d’ABC News de Londres. Ce qu’il m’a dit est très clair : Lyndon Johnson admirait John Kennedy.
Je cite :
François Carlier : "What was his [Lyndon Johnson] relation with president Kennedy ?"
Pierre Salinger : "Very good. Excellent. I mean, that was interesting because we had lots of discussions during the time I worked with him at the White House, and he had nothing but praise for John Kennedy" [3].

Ø Traduction (par F. Carlier) :   
François Carlier : «Quelles étaient ses relations avec le président Kennedy ?
Pierre Salinger : Très bonnes. Excellentes. En fait, c’était intéressant car nous avions de nombreuses discussions pendant la période où j’ai travaillé avec lui à la Maison-Blanche, et il louait sans arrêt John Kennedy.»

Autre
exemple :
La mère de John Kennedy eue une courte conversation au téléphone avec le tout nouveau président Johnson, qui l’appellait de l’avion Air Force One dans le vol de retour de Dallas vers Washington, le 22 novembre, pour lui présenter ses condoléances.
En voici un extrait :
Lyndon Johnson : "I wish to God there was something that I could do and I wanted to tell you that we were grieving with you."
Rose Kennedy : "Yes, well thank you very much, thank you very much. I know.
I know you loved Jack and he loved you." [4]
Ø Traduction (par F. Carlier)
Lyndon Johnson : «Oh, Mon Dieu, si seulement il y avait quelque chose que je puisse faire ! Je voulais vous dire que nous partageons votre peine.
Rose Kennedy : Oui, merci beaucoup, merci beaucoup. Je sais. Je sais que vous aimiez beaucoup Jack [John Kennedy] et il vous aimait beaucoup.»
Et pourquoi Johnson aurait-il fait tuer Kennedy ? Juste parce qu'il voulait être président tout de suite ? Mais comment a-t-il fait, alors, pour convaincre des tueurs (et tous les autres complices) de prendre des risques pour lui. Qui a été assez fou pour sacrifier sa vie pour que le vice-président, très ambitieux, devienne vite vite vite président ? Et ils ont dû être nombreux, ces fous, pour réussir à tuer sans se faire voir, cacher la vérité, mettre l’enquête en défaut, etc.  Cent personnes au moins, toutes placées à des postes clés, qui ont pris des risques infinis, non pas par intérêt pour eux-mêmes, mais pour faire plaisir à LBJ, qui voulait être président sans attendre ! Quelle bonne raison ! Quel scénario crédible ! Mais Johnson est mort. Il ne peut plus se défendre. Que reste-t-il ? Un aveu de Johnson ? Une lettre de sa main qui prouve son implication ? Non, rien de tout ça. Juste les accusations de Billie Sol Estes. C’est peu.
La facilité, il est vrai, amène à penser que le vice-président, qui remplace le président si celui-ci meurt, a un intérêt personnel à la disparition de celui-ci, et est donc amené à être soupçonné. Mais le premier argument à opposer à une telle idée est le risque encouru. Organiser l’assassinat de quelqu’un n’est jamais une décision qu’on prend à la légère. Elle signifie une prise de risques. Etre démasqué entraîne la prison à vie, voire la mort, aux Etats-Unis. Le risque est ultra démultiplié lorsque la personne qu’on veut assassiner est le président en personne, et que toute la machine policière, médiatique, judiciaire sera mise en branle pour trouver le coupable. Le risque à courir est trop grand, et il faut avoir lu trop de romans pour imaginer qu’une telle idée puisse germer dans le cerveau d’un vice-président. Mais si l’on en croit le documentaire de la paier Nicolas/Reymond, aux Etats-Unis, il est visiblement assez facile pour un vice-président de faire tuer le président sans laisser de traces. Mais alors, pourquoi les autres vice-présidents n’ont pas fait la même chose ? Dan Quayle, par exemple, a été une fois vice-président, mais jamais président. Pourquoi n’a-t-il pas fait tuer George W.H. Bush ? Pourquoi celui-ci, d’ailleurs, a attendu huit années (sous Reagan), avant d’essayer de devenir président en se faisant élire, alors qu’il lui suffisait de faire tuer Reagan et de devenir président tout de suite, sans le risque de perdre les élections ? Et Dick Cheney, pourquoi ne s’est-il pas arrangé-t-il pas pour faire tuer George Bush, en 2007, et devenir, ainsi, l’homme le plus puissant de son pays ? Non. Celui qui a une vision paranoïaque des choses pourra peut-être croire à ces thèses farfelues, mais celui qui a les pieds sur terre, et sait comment le monde fonctionne, les rejettera.
Approfondissons. La thèse du documentaire est simple : afin d’échapper à la justice, qui allait le rattraper pour des affaires passées, Johnson n’a vu qu’une issue, devenir Président. Or, comme John Kennedy allait prendre un autre vice-président pour les élections de 1964, Johnson n’aurait plus aucune chance. Il lui fallait donc tuer Kennedy et prendre sa place. Mais la vérité est que Kennedy aurait gardé Johnson comme vice-président pour son mandat suivant. Trois arguments le démontrent aisément :
- Tout d’abord, c’était dans l’intérêt politique de Kennedy de garder Johnson comme vice-président. La problématique n’a pas foncièrement changé depuis 1960 : Kennedy a, de la même façon, besoin de Johnson pour obtenir le maximum de voix dans les Etats du Sud des Etats-Unis, pour les prochaines élections présidentielles.
- De plus, les différentes déclarations, orales ou écrites, des personnes proches du président Kennedy, comme son frère Robert, ou son aide Arthur Schlesinger, confirment sans ambiguïté que Kennedy n’envisageait absolument pas de se séparer de Johnson, mais au contraire comptait le garder.
- Enfin, et surtout, le président Kennedy l’avait dit lui-même. Lors d’une conférence de presse, le 31 octobre 1963 (soit trois semaines avant l’assassinat), il avait répondu clairement aux questions des journalistes sur ce sujet. Pour lui, il continuerait de faire équipe avec Lyndon Johnson.
Pour confirmer cela, il n'est que de lire ce qu'en raconte l'historien américain Arthur M. Schlesinger :
"The idea of dumping Johnson, the President said to Ben Bradlee on October 22, 1963, was "preposterous on the face of it. We've got to carry Texas in '64, and maybe Georgia." […] "There was no plan to dump Lyndon Johnson," Robert Kennedy told John Bartlow Martin the next spring. "It didn't make any sense… And there was never any discussion about dropping him." […] Johnson himself informed his own brother in 1963, "Jack Kennedy has personally told me that he wants me to stay on the team. Some of the people around him are bastards, but I think he's treated me all right.".[6]
Ø Traduction (par F. Carlier) : «L'idée de se débarrasser de Johnson, disait le président à Ben Bradlee le 22 octobre 1963, était grotesque a priori. Nous devons l'emporter au Texas en 1964, et peut-être en Géorgie.» […] «Il n'y avait pas de projet de se débarrasser de Lyndon Johnson», dit Robert Kennedy à John Bartlow le printemps suivant. «Cela n'avait aucun sens… Et il n'y a jamais eu de discussion sur le sujet de le lâcher.» […] Johnson lui-même informa son propre frère en 1963 : «Jack[7] Kennedy m'a dit personnellement qu'il veut que je reste dans l'équipe. Parmi les gens qui l'entourent, certains sont des salauds, mais je pense qu'il m'a bien traité.»
Il est intéressant de citer ici la complotiste américaine Lisa Pease :
"There's never been ANY hard evidence of LBJ's involvement.
Those who consider this evidence hard have heads that are soft. The CIA is all over this case. LBJ is clearly covering up, after the fact. But in the nearly 20 years I've been studying this, I've never seen one single piece of factual, solid evidence that hasn't been refuted/rebutted that shows LBJ had foreknowledge."[8]
Ø Traduction (par F. Carlier) : «Il n'y a jamais eu la moindre preuve solide de la participation de LBJ. Ceux qui considèrent que les preuves sont solides ont des têtes qui sont molles. Il y a la marque de la CIA partout dans cette affaire. Il est clair que Lyndon Johnson participe à la tentative de cacher la vérité, après les faits. Mais j'ai passé presque vingt ans à étudier cette affaire, et je n'ai jamais vu une seule preuve factuelle ou solide censée montrer que Johnson avait connaissance de l'assassinat par avance qui n'ait été réfutée.»


ð Malcolm Wallace
En supposant que Lyndon Johnson ait eu l’envie de faire assassiner Kennedy et ait lancé ce projet macabre, aurait-il été assez idiot pour risquer de se faire confondre, en envoyant un homme qu’il connaissait, ou par qui on aurait pu remonter jusqu’à lui ? Ce n’est plus de l’imprudence, ni de la mauvaise organisation, mais de l’inconscience !
Dans sa jeunesse, Malcolm Wallace avait tué Kinser, l'amant de sa femme. C'est le genre de choses qui peut arriver, hélas. Mais ce qui est notable ici, c'est que Wallace avait dit aux policiers venus l'arrêter (dixit le documentaire lui-même) : «Je travaille pour LBJ». Alors, vous imaginez que Johnson allait utiliser Wallace, ce cafteur, en cas d'assassinat de Kennedy ? Et Wallace aurait encore dit : «Je travaille pour LBJ» ? Bonjour la discrétion !
Quant à Malcolm Wallace, que peut-on dire ? Que rien n’indique qu’il ait été mêlé, de près ou de loin, à l’assassinat de Kennedy. Même dans la littérature complotiste abondante de ces cinquante dernières années, les pages consacrées à Wallace doivent représenter 1%. C’est tout dire ! Cette théorie est l’une des moins convaincantes de toutes, ne présentant aucune logique, aucun commencement d’indication pour la soutenir.
En tout cas, si Malcolm Wallace est venu à Dealey Plaza, le 22 novembre 1963, pour tuer Kennedy au profit de Lyndon Johnson, comme voudraient nous le faire croire William Reymond et Billie Sol Estes, alors il est bien "con", si on me passe l’expression. En effet, il a risqué sa vie (la chaise électrique l’attendait assurément s’il était pris) simplement pour faire plaisir à Johnson, pour que, de vice-président, il passe à président. Et qu’a obtenu Wallace en échange ? Un poste de ministre ? Un ranch ? Une nouvelle paire de chaussures ? Non, rien, il a repris une vie normale, allant travailler pour une compagnie pétrolière. Quelle abnégation ! Vraiment, Lyndon Johnson n’était pas très reconnaissant…
Mais Wallace ne s’est jamais plaint. Et n’a jamais rien avoué à qui que ce soit, ni même soufflé un mot à sa femme. Ni laissé une note avant sa mort. Le serviteur idéal, en somme !



ð L'empreinte de Malcolm Wallace
Malcolm Wallace aurait-il été le complice de Lyndon Johnson et aurait-il laissé une empreinte sur un carton du 5e étage du Texas School Book Depository ? Avant même de vérifier les faits bruts, cette hypothèse se heurte violemment à la logique. Par exemple, nous savons tous qu'il n’y avait pas d’empreinte de Wallace sur le fusil d’Oswald. Est-ce à dire que Wallace a mis des gants pour tirer, mais les a enlevés quand il a touché le carton ? Et où sont ces gants, au fait ? Car il a été prouvé que les balles ont été tirées du fusil d’Oswald à l’exception de tous les autres. C’est scientifique. Donc même si c'est Wallace qui a tiré, il a utilisé ce fusil. Mais sans y laisser la moindre empreinte. Qui peut m'expliquer ?
Une question vient à l’esprit : les empreintes digitales n’ont été identifiées qu’en 1998. Or, pendant toutes ces années, c’était des empreintes non-identifiées mais on connaissait leur existence. Mais alors, Johnson devait se douter que c’était celles de Wallace. Pourquoi ne les a-t-il pas fait disparaître ? Pourquoi n’a-t-il pas demandé à Hoover de les enlever du dossier, puisqu’il savait que c’était celles de Wallace, son complice ? Pourquoi les laisser là jusqu’à ce qu’elles risquent d’être identifiées ?
Tout a réellement démarré le 29 mai 1998, quand, à Dallas, le complotiste Walt Brown a tenu une sorte de conférence de presse pour annoncer qu'une empreinte relevée sur un des cartons du sniper's nest avait été identifiée par un spécialiste du nom de Nathan Darby comme appartenant à Malcolm Wallace[9]. Il présentait alors deux images d'empreintes digitales, images qu'on retrouve dans les livres de Barr McClellan (en grand) et William Reymond (en petit), comme sur plusieurs sites web aujourd'hui. William Reymond, qui a bâti sa réputation sur cette histoire, présente la comparaison des deux empreintes, et l'identification par Nathan Darby, non comme une simple hypothèse, mais comme un fait. Mais a-t-il raison ? Non.
La thèse qui voudrait qu’une empreinte retrouvée au cinquième étage du dépôt de livres ait été identifiée et ait appartenu à Malcolm Wallace est mort-née. À peine apparue, elle a aussitôt été remisée. Même au sein de la communauté de complotistes, on n’en entend plus guère parler. On préfère l’oublier discrètement. Et il y a de quoi !
Dans sa conférence de presse à Dallas en 1998, le complotiste Walt Brown affirmait que Nathan Darby, un expert en empreintes digitales, avait fait une comparaison entre une empreinte digitale de Malcolm Wallace datant de 1951, et une empreinte digitale inconnue, retrouvée sur un carton du dépôt de livres, le 22 novembre 1963, et que son verdict était qu'elles correspondaient bien. Du coup, cette "authentification des empreintes" de Nathan Darby devint la référence, sur laquelle les complotistes — Walt Brown, Barr McClellan, William Reymond — se sont appuyés, et qu'ils ont sans cesse citée. Mais il y a juste deux ou trois choses qu'ils ont oublié de nous dire …
Nathan Darby (1914-2006), dont l'honnêteté n'est pas remise en cause, avait pris sa retraite de la police de la ville d'Austin en 1979, soit dix-neuf ans avant son travail sur "l'empreinte Wallace" en 1998. Pourquoi les complotistes se sont-ils adressés à lui ? N'avaient-ils pas la possibilité de demander à un expert plus contemporain (dans ses méthodes, son matériel, ses références) pour faire le travail d'authentification de l'empreinte du carton du repaire du tireur ? Aller crier sur tous les toits qu'on a trouvé l'empreinte de Mac Wallace, sur la base d'une seule étude, faite par un vieux monsieur de 84 ans, retraité depuis dix-neuf ans, et avant de demander une vérification, c'est quand même aller vite en besogne, de la part des complotistes, pour ne pas dire plus.[10]
Dès le début, Glen Sample, un complotiste américain, pourtant intéressé au premier degré pour avoir déjà écrit que Wallace était dans le complot pour tuer Kennedy, est le premier à exprimer des doutes sur le fait que l’empreinte retrouvée appartienne bien à Wallace. Sa raison est simple : il a, lui aussi, soumis les deux empreintes à des experts[11]pour vérification. Mais ceux-ci ont déclaré qu’elles ne correspondaient pas[12]. Glen Sample est déçu, et il continue de vouloir croire que Nathan Darby avait raison, mais il est bien obligé d'admettre qu'il n'a pas réussi à obtenir de confirmation des conclusions de Darby.[13]
Le FBI est à son tour consulté, et va se pencher sur la question. La réponse n’a pas traîné. Rapidement, les spécialistes du FBI concluront que les empreintes ne correspondent pas : elles ne sont pas celles de la même personne. Pour le FBI, la différence est visible à l’œil nu. Encore raté pour les complotistes, qui ne parviendront jamais à trouver quelqu'un pour confirmer les conclusions de Nathan Darby.
Un autre expert en empreintes digitales, et non des moindres, professionnel reconnu, membre de l’IAI (International Association for Identification), Ed German, a lui aussi étudié les deux empreintes. Son verdict a été rapide : elles ne sont pas assorties. Ainsi, cela fait un expert de plus qui affirme le contraire de ce qu’avait dit Nathan Darby. Cela commence à faire beaucoup !
Un autre expert en empreintes digitales, encore, et lui aussi expert certifié de l'IAI, du nom de Kasey Wertheim, a étudié cette affaire et travaillé à la comparaison des empreintes. Son verdict est sans appel : ce n'est pas l'empreinte de Wallace. Et non seulement Kasey Wertheim affirme que Nathan Darby s'est trompé, mais il le prouve, en en faisant la démonstration sur une page web, illustrations à l'appui, afin que tout le monde s'en rende compte. [voir cette page web (fortement recommandé)]. L'affaire est entendue.
Mais ce n'est pas tout. Toute personne intéressée par cette histoire des empreintes, si elle est consciencieuse, cherchera dans les sources primaires, plutôt que de faire confiance aux complotistes. Et bien lui en prendra. Car une lecture du rapport Warren sera très instructive[14]. En clair, et de la façon la plus sérieuse et vérifiée, il apparaît qu’une seule empreinte, retrouvée au sniper’s nest, n’a pas pu être identifiée. Et cette empreinte n’était pas une empreinte digitale (laissée par un doigt), mais une empreinte palmaire (laissée par la paume d’une main)[15] ! Que ce soit bien clair : toutes les empreintes digitales retrouvée au sniper’s nest, le 22 novembre 1963, ont été authentifiées et reconnues, leurs propriétaires identifiés étant Lee Oswald, ou des collègues à lui, ou des policiers ayant manipulé les cartons ce jour-là. Seule une empreinte palmaire est restée non-identifiée. Cela ne souffre pas la discussion. Mais voilà donc que les complotistes, dont William Reymond dans son documentaire, nous parlent d’un rapprochement fait par Darby entre deux empreintes digitales, celle de Malcolm Wallace de 1951, et une autre inconnue, qu’ils prétendent venir du dépôt de livres. Mais c'est forcément faux. (Quel toupet, quand même, de la part des complotistes, que de parader une pseudo-identification de deux empreintes digitales, en espérant que les gens vont oublier que l'empreinte inconnue du dépôt de livres était une empreinte palmaire !!!). La question est donc : d’où vient cette empreinte, exactement ?
Une note intéressante. Parmi les défenseurs actuels de la théorie qui veut que Lyndon Johnson soit derrière l'assassinat de Kennedy, l'un des plus actifs et acharnés est le Texan Robert Morrow. Dans un forum américain ("The Education forum"), il écrit, en 2011 :
Robert Morrow : "
I used to believe Malcolm Wallace's fingerprint was a match with the one on the 6th floor. I do not anymore. I have changed my mind based on a conversation I had with an experienced fingerprint analyst who said it was clearly NOT a match."[16]
Ø Traduction (par F. Carlier) : «Avant, je croyais que l'empreinte digitale de Malcolm Wallace correspondait à celle du cinquième étage. Mais plus maintenant. J'ai changé d'avis sur la base d'une conversation que j'ai eue avec un spécialiste en empreintes digitales d'expérience, qui m'a dit qu'il était clair que les deux ne correspondaient pas.»
Ce qu'écrit Morrow ici est très intéressant, car c'est un complotiste qui croit dur comme fer que Lyndon Johnson est derrière l'assassinat de Kennedy. Il aurait donc un intérêt à soutenir la thèse Wallace-Johnson, mais même lui est bien obligé d'admettre — et il le fait publiquement — que l'empreinte retrouvée n'est pas celle de Malcolm Wallace.
Ainsi, à ce jour, nous avons devant nous une empreinte digitale paradée par les complotistes, qui n’est liée à celle de Wallace que par l’avis d’un homme (Darby) contre l’avis de tous les autres experts qui se sont penchés dessus, mais — c’est pire ! — c’est une empreinte dont nous ne sommes pas certains de la provenance ! C’est vraiment faible ! Et comme, au delà de cette empreinte, il n’existe pas le moindre début de commencement d’élément pouvant apporter un soupçon contre Malcolm Wallace — dont personne encore, pas même les complotistes, n’a pu apporter la moindre indication qu’il se fut rendu au Texas (et encore moins à Dallas) le 22 novembre 1963 (lui qui vivait et travaillait en Californie à cette époque) — il apparaît comme logique, raisonnable et sensé de jeter cette théorie là où elle le mérite : aux orties !



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Notes :
1. Lire la page Internet "Texas in the Morning Imagination", par David Perry, à l'adresse Internet suivante : http://dperry1943.com/browns.html. Cet article intéressant démontre que le récit de Madeleine Brown n'est qu'inventions du début à la fin.
2. Interview de Walt Brown, Black Op Radio, show n°356, janvier 2008, émission présentée par Len Osanic. Le passage où Walt Brown parle de Madeleine Brown est très intéressant, mais hélas trop long pour être reproduit intégralement ici. Ses vérifications ont montré que le récit de Madeleine Brown était inventé. (On peut acheter les enregistrements audio des interviews des émissions, en allant sur le site Internet : http://www.blackopradio.com/)
3. Conversation enregistrée entre Pierre Salinger et l’auteur F. Carlier, studios d’ABC News, Londres, janvier 1993
4. On peut entendre la conversation en entier dans le CD audio livré avec le livre President Kennedy has been shot, Newseum, 2003.
6. Lire le livre Robert Kennedy and his times, par Arthur M. Schlesinger, Jr., First Mariner Books, 2002 (page 605).
7. "Jack" était le surnom de John Kennedy.
8. Réponse de Lisa Pease à Robert Morrow, Facebook, 8 février 2011.
9. On peut voir un petit compte-rendu de cette conférence de presse à cette adresse Internet : http://www.acorn.net/jfkplace/09/fp.back_issues/23rd_Issue/breakthru.html
10. Il semblerait, de plus, que Nathan Darby n'ait travaillé qu'avec des photocopies.
11. L'organisation SCAFO (Southern California Association of Fingerprints Officers)
12. Lire le livre The men on the sixth floor, par Glen Sample et Mark Collom, 2011, page 208.
13. Glen Sample tient une page Internet de mise à jour de cette affaire dans l’affaire. Hélas, rien de nouveau n’est apparu depuis longtemps. Or, on sait que rien ne ferait plus plaisir à Glen Sample – convaincu de la participation de Wallace à une conspiration – que de démontrer la présence de Wallace au sniper’s nest. S’il ne dit plus rien, c’est qu’il n’a rien à nous dire qui aille dans son sens. La preuve désirée n'est pas encore arrivée.
14. Lire, au chapitre IV, la section intitulée "Palmprints and Fingerprints on Cartons and Paper Bag" (page 140), ainsi qu’au chapitre VI, la section intitulée "Accomplices at the Scene of the Assassination" (page 248), dans The Warren Commission Report, the official Report of the President’s Commission on the Assassination of President John F. Kennedy, Longmeadow Press, 1992.
15. Sur le carton B.
16. Extrait d'un message mis en ligne le 05 novembre 2011 par Robert Morrow, dans le fil de discussion titré : "Mac Wallace-Evidence is enough", sur le forum : The Education Forum > Controversial Issues in History > JFK Assassination Debate.


(En octobre 2010, j'ai eu l'honneur d'être invité à l'émission."Où ? Quand ? Comment ? L'histoire", sur la chaîne de télévision LCP, en compagnie de Messieurs Pierre Mélandri et Thierry Lentz, sur le thème "L'assassinat de JFK". Le documentaire: JFK, autopsie d’un complot, de Bernard Nicolas et William Reymond fut projeté. Nous étions chargés, ensuite, de donner notre avis et débattre de l'affaire. Malheureusement, mon temps de parole fut si court que je n'ai pas eu l'occasion de dire ce qui me paraissait important à propos du documentaire. C'est dommage. Mais c'est réparé, j'espère, avec les arguments ci-dessus.)

è Pour en savoir (beaucoup, beaucoup) plus, lire mon livre :

 


lundi 7 janvier 2013

Entretien avec Pierre Salinger

Bonjour à tous,
Il y a tout juste vingt ans, en janvier 1993, je me suis rendu à Londres, au bureau d'ABC News que Monsieur Pierre Salinger dirigeait. C'est lui que je venais interviewer.
En effet, après avoir échangé quelques courriers avec lui à propos de l'assassinat de Kennedy, j'avais obtenu de lui qu'il me reçoive dans son bureau de Londres, pour une interview enregistrée (j'avais apporté mon mini-cassette d'époque !).
Ce fut un entretien très intéressant.
Pierre Salinger avait été un grand ami de John Kennedy, et son assistant lors des années de celui-ci au Sénat américain. Puis, bien sûr, on le sait, Salinger fut attaché de presse - porte parole de la Maison Blanche sous la présidence de John Fitzgerald Kennedy, puis durant les premiers mois de la présidence de Lyndon Johnson.
On peut le dire : Pierre Salinger était aux premières loges de l'Histoire, au début des années 60.
Pierre Salinger ne croyait pas à un complot. Il défendait la version officielle, la culpabilité du seul Lee Harvey Oswald.
À cette époque, je commençais seulement mes recherches. J'étais encore un débutant, sous l'influence néfaste des complotistes rencontrés trois ans avant aux Etats-Unis et de leurs livres. Je n'avais pas encore appliqué l'esprit critique à l'affaire.
Je sais aujourd'hui, sans le moindre doute, qu'il n'y a jamais eu de complot et que c'est bien Lee Oswald qui est le seul coupable.
Rencontrer Pierre Salinger m'a fait beaucoup de bien, sans aucun doute.
Récemment, j'ai téléchargé trois extraits de l'interview (après avoir numérisé la piste audio de la vieille cassette, obtenant un fichier son retravaillé avec le logiciel Audacityle, sans -- hélas -- réusir à supprimer le souffle, le signal original étant devenu très faible) sur mon site anglais consacré à l'assassinat de Kennedy [http://facts-carlier-jfk-assassination.blogspot.fr/]
Les titres et textes sont en anglais car le public visé est principalement américain.
Cela dit, j'ai pensé que cela pourrait aussi intéresser des personnes en France. Je copie donc ces trois vidéos sur ce site.


I.

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II.


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III.