L'assassinat de Kennedy


22 novembre 1963, Dallas.
L'assassinat de Kennedy, rétablir le bon sens !

[Altgens]
 
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date : vendredi 22 novembre 1963.
lieu : Dallas, Texas, Etats Unis.
circonstances : le président John F. Kennedy est assassiné dans sa limousine en pleine rue.
idée reçue : il y aurait eu un complot (la CIA, ou le complexe militaro-industriel, ou les Cubains, ou Lyndon Johnson, etc. ) ? … FAUX !
 
è En vérité, c'est un homme seul, Lee Harvey Oswald, qui est coupable.

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introduction

John Fitzgerald Kennedy, 35e président des Etats Unis, démocrate, fut assassiné à Dallas, au Texas, le vendredi 22 novembre 1963. L'enquête d'une commission officielle (la commission Warren), dont les conclusions ont été rendues publiques en septembre 1964, a déterminé qu'un homme seul, Lee Oswald, était coupable. Depuis ce jour, ce sujet a fait couler beaucoup d'encre, beaucoup d'auteurs contestant cette version officielle, la passion l'emportant souvent sur la raison, et quantités de théories critiques ont été échafaudées, un peu à tort et à travers.
Mais pour toute personne sérieuse et honnête qui se penche sur la question et étudie le dossier, la conclusion est inéluctable : NON, il n'y a jamais eu de complot dans l'assassinat de John Kennedy. OUI, c'est bien Lee Harvey Oswald qui a tué, seul, le président américain.
Toutes les théories complotistes entendues sont fausses, inventées par des auteurs plus ou moins sincères, mais tous insuffisamment compétents. Leurs conclusions sont erronées ; soit, pour certains d'entre eux, du fait qu'ils n'ont pas de bonne méthode de travail, ou pour d'autres parce qu'ils sont crédules ou malhonnêtes (ou les deux).
Voilà ma position définitive sur la question. La version officielle, à savoir que Lee Harvey Oswald, et lui seul, a tué Kennedy, sans complot d'aucune sorte, est vraie. Ci-dessous, vous trouverez une rapide présentation des faits bruts et une courte argumentation raisonnée.
Bonne lecture...



l’histoire

John Fitzgerald Kennedy est né en mai 1917. Fils de Joe Kennedy et Rose Fitzgerald. Catholique, démocrate, il a épousé Jacqueline Bouvier en 1953. Il est élu en novembre 1960, en battant le républicain Richard Nixon, et devient le 35e président des Etats Unis. Il prend ses fonctions en janvier 1961. Il nomme son frère Robert (dit Bobby) comme ministre de la justice. Son vice-président est le Texan Lyndon Johnson.
Sa présidence est marquée par :
- avril 1961 : tentative de débarquement d'exilés cubains à Cuba (Baie des cochons) pour renverser Castro. Désastre.
- juin 1961 : rencontre avec Nikita Khrouchtchev à Vienne (les deux "K").
- octobre 1962 : crise des missiles de Cuba (on a frôlé la
IIIe guerre mondiale).
- juin 1963 : discours à Berlin ("ich bin ein Berliner").





Novembre 1963. Le président des Etats Unis, John Fitzgerald Kennedy, est en tournée au Texas. C'est un voyage politique de deux jours, en prévision des élections présidentielles de l'année prochaine, dans un Etat conservateur (où la population est plus proche des Républicains de Nixon que des Démocrates de Kennedy). Après San Antonio et Houston la veille, c'est à Dallas que se rend Kennedy en ce vendredi 22 novembre, après avoir passé la nuit à Fort Worth.

 


L'avion présidentiel "Air Force One" se pose sur l'aéroport Love Field de Dallas vers 11h30 du matin. Au programme, la traversée de la ville de Dallas en cortège automobile, pour se rendre à un déjeuner à la chambre de commerce, où Kennedy doit prononcer un discours. Pour ce voyage, le président Kennedy est accompagné par sa femme Jacqueline ("Jackie").





Le cortège de voitures se compose comme suit : une voiture de tête pour ouvrir la route, dans laquelle a pris place le chef de la police de Dallas Jesse Curry. Puis vient la voiture présidentielle, une décapotable, dans laquelle ont pris place ; à l'avant le chauffeur Bill Greer et un garde du corps du président, Roy Kellerman, sur la rangée de strapontins du milieu sont assis le gouverneur du Texas, John Connally et sa femme à sa gauche, et enfin, sur les sièges arrières, sont assis le président Kennedy et sa femme. Viennent ensuite un véhicule des gardes du corps du président (les hommes de ce qu'on appelle le "Secret Service"), la voiture du vice-président Lyndon Johnson, une autre véhicule de gardes du corps, des voitures de personnalités politiques, et en bout de cortège le bus transportant les journalistes. Des motards de la police sont présents également, quatre d'entre eux escortant la voiture du président pour garder la foule à distance.






Tout se passe très bien, la foule est enthousiaste. À 12h30, le cortège arrive à la fin de sa traversée de Dallas, à la sortie de la ville par l'ouest ; quittant Main Street pour tourner à droite dans Houston Street, puis tout de suite à gauche dans Elm Street, à Dealey Plaza. A cet endroit, la foule commence à se réduire. Le cortège passe devant le dépôt de livre scolaires. Devant la limousine, le pont de chemin de fer. Dans deux minutes, le président sera au Trade Mart, là où doit avoir lieu le déjeuner...







BRUSQUEMENT, des coups de feu sont tirés, surprenant tout le monde, au point que plusieurs personnes penseront d'abord à une pétarade venant d'une moto. Le président Kennedy et le gouverneur Connally sont touchés. Le chauffeur de la limousine présidentielle commet l'erreur de ralentir et de se retourner pour voir. Au début, Jackie, qui regarde de l'autre côté, ne se rend pas compte du drame qui se joue. Quelques secondes qui durent des heures, où le sang se glace dans les veines, où les esprits ne comprennent pas ce qui se passe ; des gens se jettent par terre pour se protéger, d'autres crient, d'autres sont pétrifiés. Claquements de coups de feu. Kennedy reçoit une balle en pleine tête ; son sang gicle... C'est l'effroi!







Puis c'est la course. Sirènes hurlantes, le cortège fonce vers l'hôpital Parkland. Par radio, le chef de la police donne ses ordres. Jacqueline a pris son mari dans ses bras. John Kennedy respire encore, mais on peut dire qu'il est déjà mort, son cerveau ayant été atteint par une balle. L'agent du Secret Service Clint Hill s'est précipité sur la voiture du président et s'y agrippe tant bien que mal pendant la folle course vers l'hôpital. Là, le président est emmené sur une civière vers la salle des urgences n°1. Le gouverneur Connally est blessé lui-aussi, et une autre équipe de médecins va s'occuper de lui. Hélas ! Malgré tous leurs efforts (dont une trachéotomie faite par le docteur Perry), les médecins qui s'affairent sur le président ne peuvent rien pour lui. A 13h00, tout est fini, Kennedy est déclaré mort. Tout le monde (l'entourage présidentiel, avec le cercueil de John Kennedy) quitte alors l'hôpital pour retourner à l'avion Air Force One . Rapidement, comme le veut la loi américaine, le vice-président Lyndon Johnson va prêter serment, et devenir le nouveau président des Etats Unis, avant de s'envoler vers Washington.










Pendant ce temps, en ville, la police s'active pour trouver le coupable. Des témoins ont entendu les coups de feu venir de derrière la barrière de bois, à droite devant le cortège présidentiel. D'autres pensent que les tirs venaient du dépôt de livres scolaires, un grand bâtiment situé à l'arrière de Kennedy. La police cherche à l'intérieur, et trouve des douilles puis un fusil (vers 13h22), au 5e étage. Puis, on apprend qu'un agent de la police de Dallas, J.D. Tippit, vient de se faire tuer par balles, dans le quartier d'Oak Cliff, entre 13h00 et 13h15. Les policiers s'y rendent en voitures. Un individu qui s'est fait remarquer par son comportement bizarre lors du passage des voitures de police est arrêté dans un cinéma proche du lieu où a été tué le policier. Il s'appelle Lee Harvey Oswald. Il sera d'abord accusé du meurtre du policier, puis accusé en plus de celui de Kennedy. Il est inculpé pour les deux meurtres.


 
 
 
Mais il nie tout. Il prétend n'avoir tué personne. Il reste en garde à vue dans l'immeuble de la police de Dallas, prison de la ville, et sera interrogé jusqu'au dimanche matin, le 24 novembre. Ce matin-là, alors qu'il est dans les sous-sols, en cours de transfert vers la prison du comté, il est abattu, en direct à la télévision, par Jack Ruby, un tenancier d'un bar/club de Dallas. Il reçoit une balle dans le ventre et tombe dans le coma, dont il ne reviendra pas.
 
 
 
 
 
  
 
 
En deux jours, la police de Dallas n'a pas pu empêcher l'assassinat du président des Etats Unis ni celui de son assassin présumé. Maintenant que celui-ci est mort, on ne pourra jamais connaître ses motivations...
Le lundi 25 novembre 1963, tandis qu'Oswald, l'assassin, est enterré discrètement à Fort Worth, John Kennedy, le président des Etats Unis qu'il a tué, est enterré en grandes pompes à Washington, en présence de nombreux chefs d'Etats étrangers... L'émotion est très forte. Jacqueline, tout en noir, soutenue par Robert Kennedy, est accompagnée de ses deux petits enfants Caroline et John Jr. Celui-ci fera le salut militaire devant le cercueil de son père (l'image, très émouvante, est restée célèbre).
 
 
 
 
 
 
 
Lyndon Johnson, nouveau président des Etats Unis, nomme une commission d'enquête qui sera présidée par Earl Warren. (Voir photo ; de gauche à droite : Gerald R. Ford, Hale Boggs, Richard B. Russell, Earl Warren, John S. Cooper, John J. McCloy, Allen W. Dulles, J. Lee Rankin). Cette commission s'appuie fortement sur l'enquête du F.B.I. En septembre 1964, elle remet son rapport au président Johnson. Ses conclusions? Lee Oswald a agi seul. Il n'avait pas de complice. Il a tiré trois fois, du cinquième étage du dépôt de livres scolaires (School Book Depository), situé derrière la limousine de Kennedy ; une balle a manqué la limousine et deux balles ont touché le président (une au cou, une à la tête). L'une de ces deux balles l'a traversé et a ensuite touché le gouverneur Connally. Jack Ruby a lui-aussi agi seul, et n'avait pas non plus de complice. Lui et Oswald ne se connaissaient pas. Point final.
 
 
 
 
 
 
Point final? Oh que non! En fait, les conclusions du rapport Warren n'ont jamais convaincu grand-monde, et quarante ans après la mort de Kennedy, la controverse fait toujours rage.
 
Plusieurs générations de chercheurs et auteurs se sont succédés, reprenant les éléments un par un, les disséquant mille fois, vérifiant chaque déclaration, chaque document, échafaudant des théories, s'affrontant sans fin. Des centaines de livres ont été écrits. La version officielle américaine, qui affirme que Lee Oswald a tué Kennedy, a été attaquée de toutes parts par quantité d'auteurs, qu'on a appelés "les critiques". Ils défendent la thèse du complot contre Kennedy, d'une conspiration. Quelle conspiration? La mafia? Les Russes? Castro? Les anti-castristes? La CIA? Le complexe militaro-industriel? L'extrême droite? Le gouvernement? Nul ne sait vraiment, ou plutôt, tout le monde croit savoir ; chaque auteur est persuadé que c'est sa thèse qui est la bonne, à l'exception de toutes les autres. Voire...
 
En France, les années 90 ont vu deux auteurs, Thierry Lentz et William Reymond, défendre la théorie du complot dans des livres inégaux. Sans donner de réponse, ils passent en revue toutes les thèses en présence, à charge pour le lecteur (surtout dans le cas de Reymond), de discerner lui-même le vrai du faux. Il est dommage que les deux livres écrits aux Etats-Unis, qui défendent de manière convaincante et argumentée la version officielle ("Conspiracy of one", de Jim Moore, et "Case closed", de Gerald Posner) n'aient pas été traduits en français.
 
 
 
arguments
 
Après des années de recherches et de vérifications minutieuses, mes conclusions sont que la version officielle est vraie, c'est à dire que c'est bien Lee Harvey Oswald, et lui seul, qui a tué John Kennedy, contrairement à ce que laissent penser toutes les théories de complots qui ont été pensées, imaginées, inventées depuis plus de quarante ans.
 
Les premiers doutes sont apparus à partir d'une constatation simple. Au départ, je pensais qu'il y avait la version officielle (Oswald a agi seul) d'un côté, et en face une version critique, innocentant Oswald. Or, force était de constater que ce n'était pas le cas du tout. En vérité, il y avait bien d'un côté la version officielle (Oswald a agi seul), mais en face, il y avait dix, vingt versions différentes, et surtout contradictoires. Rencontrer les auteurs de ces versions critiques fut révélateur. Chacun défendait sa théorie et se moquait de celles des autres. Par exemple, j'avais été impressionné par le livre de Lifton, et je m'imaginais qu'il faisait autorité chez les critiques. Eh bien, pas du tout. Robert Groden, par exemple, lui-même auteur de livres critiques du rapport Warren, que j'ai rencontré une première fois à Dallas dès 1990, réfutait la thèse de Lifton. Et il fallait entendre les "arguments" de chacun : Lifton et Groden, chacun à son tour, devant moi, insultait l'autre de voleur, ou d'idiot, ou d'incompétent. Harold Weisberg aussi, auteur virulent anti-Warren, rejetait totalement la thèse de Lifton. Mais lui-même était peu suivi de son côté. Groden rejetait les conclusions de Fetzer sur le film de Zapruder, etc., etc. [lire à ce propos le n°1 de FACTS]. Bref, la constatation simple est la suivante : il existe de nombreuses théories critiques différentes. Or, tout le monde sera d'accord avec moi, il n'y a qu'une vérité, un et un seul scénario (Kennedy n'est mort qu'une fois…). Donc, c'est une lapalissade, tous ces auteurs qui avancent des théories ne peuvent pas tous avoir raison. S'il y a dix versions différentes, alors avant même de les connaître, on sait par la logique qu'il y en a au moins neuf de fausses. Que cela nous plaise ou non. Or, chacune, prise isolément, peut sembler cohérente ou convaincante. Mais on sait, par définition, qu'elles ne peuvent toutes être vraies. Donc, on comprend, dès le début, qu'un livre qui semble crédible ou convaincant est quand même, forcément, on le sait, faux. Le travail sera de trouver où l'auteur commet l'erreur.
 
Un autre point très important doit être souligné, afin que les gens en prennent bien conscience. On donne trop souvent la présentation caricaturale qui voudrait qu'il y a la version du rapport Warren, à savoir Oswald comme seul assassin, puis, depuis quarante ans, les versions critiques qui mettent à mal cette version officielle, en démontrant qu'elle est impossible. Or, c'est non seulement simpliste, c'est trompeur ! Car la conclusion qu'Oswald est bien l'assassin et le seul n'est pas simplement une version qui serait imposée par le gouvernement américain via la commission Warren en 1963. Pas du tout. C'est la conclusion à laquelle ont abouti de nombreuses personnes à la suite de l'étude approfondie de tout le dossier, et même récemment. Par exemple, dans les années 80, Jim Moore a démontré qu'en étudiant bien tous les détails sur place (il travaillait à l'époque au fameux dépôt de livres où était Oswald) et en utilisant l'esprit critique, on aboutissait à la conclusion qu'Oswald est bien le seul assassin. De même, dans les années 90, Gerald Posner, sans avoir d'idée préconçue, et en lisant tout ce qui avait été écrit et en étudiant le dossier en profondeur, a abouti à la conclusion que c'est bien Oswald le seul assassin. De même pour des gens comme Michael Beck, John Locke, Dale Myers, John McAdams ou moi-même (voir "autres éléments", et "bibliographie", ci-dessous). En d'autres termes, aujourd'hui, des gens indépendants, qui n'ont rien à voir avec le gouvernement américain, donc qui n'ont aucun rapport avec un quelconque complot, et qui connaissent très bien le dossier, et qui ont lu les "arguments" des complotistes, concluent sans hésiter qu'Oswald est bien coupable. Cela démontre que si on croit Oswald coupable, c'est parce que les éléments en présence sont contre lui et prouvent sa culpabilité, et non pas du tout parce qu'un quelconque gouvernement nous mentirait dans le cadre d'un complot quelconque. Il est important de bien se rendre compte de cet aspect des choses. Ceux qui disent qu'Oswald est coupable ne sont pas des gens participant à un complot, mais des gens qui ont étudié le dossier de façon impartiale, et aboutissent à cette conclusion inéluctable ! Ce qui est dommage pour le public français, c'est que les sources sont en américain. À part ce site-ci, et les pages de Paul-Eric Blanrue, presque rien en France n'est disponible qui défende la version officielle. Les livres de Dale Myers, Jim Moore et Gerald Posner n'ont pas été traduits en français. Je le déplore.
 
En ce qui me concerne, c'est la richesse des arguments de la version officielle accusant Oswald (par exemple, dans les livres de Jim Moore et Gerald Posner) comparée à la pauvreté des écrits des partisans du complot, qui a eu un impact sur moi. Par exemple, quand j'ai lu, pour la première fois, le livre de Posner, en 1994, j'étais troublé, mais je ne voulais pas admettre qu'il ait raison, au début. J'ai alors lu le livre-réponse de Weisberg, "Case open". Quelle déception ! Non seulement ce livre ne répondait pas du tout aux arguments de Posner, mais en plus il était vide et mal écrit. Il n'avait aucun argument à opposer à Posner, sinon des attaques personnelles sans rapport avec le dossier incriminant Oswald. C'est, je peux le dire, en lisant "Case open", que j'ai ouvert les yeux. Si Weisberg, un homme qui avait consacré toute sa vie à l'assassinat de Kennedy, et qui prétendait mieux connaître le dossier que le F.B.I., ne savait pas quoi répondre à Posner, c'est qu'en fait … il n'y avait rien à répondre. Posner avait raison, tout simplement. Mes nombreux courriers aux différents critiques, dont Harold Weisberg, justement, ensuite, ont achevé de me convaincre. À cours d'arguments pertinents, ils attaquaient Posner sur des détails, mais pas sur ses arguments imparables. Ce fut révélateur.
 
On peut débattre sur des tas de sujets ou points de détail, mais certains éléments sont indiscutables et ne souffrent pas la discussion. On peut avoir son avis, à condition de partir de faits précis et réels. Les suppositions, c'est bien, mais la rigueur intellectuelle nous impose de ne pas oublier les faits tangibles. Ci-dessous, j'aborde quelques points du dossier en me contentant de décrire la réalité et d'appeler un chat un chat. Et il apparaît clairement que les faits pointent vers la culpabilité d'Oswald.
 
 
1. Lee Harvey Oswald était-il innocent ?
 
Trois théories s'affrontent, sur ce sujet. Ou bien Lee Oswald est l'assassin, ou bien il est complètement innocent et on s'est servi de lui comme d'un bouc-émissaire, ou bien il était un agent spécial, au courant de la tentative d'assassinat, peut-être là pour l'empêcher, mais il n'est pas le tireur et on l'a lâché. Examinons ces trois possibilités. D'emblée, une chose est certaine, pour qui veut bien voir les choses en face ; Oswald était mêlé à l'assassinat, de près ou de loin. C'est son comportement ce jour-là qui le prouve. En effet, Oswald est un employé d'un dépôt de livres scolaires, et il est à son poste de travail ce jour-là, le vendredi 22 novembre 1963. Le président Kennedy, en visite au Texas, traverse la ville dans un cortège qui va passer devant le bâtiment où travaille Oswald. Jusque là, tout est normal. Des coups de feu éclatent à Dealey Plaza, on a tiré sur le président. Tout de suite, c'est l'effroi, la confusion, l'excitation qui s'emparent de Dealey Plaza ; des policiers vont vite commencer à rechercher l'assassin. Que fait l'employé Oswald? Va-t-il voir ce qui se passe? Se mêle-t-il à ses collègues pour parler de l'événement? Ou simplement, continue-t-il à travailler? Non, rien de tout ça ; il part! Oui, il quitte son travail sans rien dire à personne. Il rentre chez lui en taxi. Il se précipite dans sa chambre, met sa veste, prend son pistolet, et repart en trombe, sans même répondre à sa logeuse qui s'adresse à lui. On l'arrêtera près d'une heure plus tard, dans un cinéma (où il est rentré sans payer), et il essayera de tirer sur un policier avec son pistolet (mais l'arme s'enraye), puis le boxera. Tout ça, ce sont des faits, la réalité que personne ne conteste. Alors, que penser d'une telle attitude? Il est clair que ce n'est pas celle d'une personne innocente, étrangère à ce qui s'est passé à Dealey Plaza. À tout le moins, Oswald se sentait menacé. Aussi on peut éliminer l'hypothèse de son innocence complète, hypothèse qui suppose qu'on a pris un bouc-émissaire au hasard. C'est farfelu, et incompatible avec les actions d'Oswald dans l'heure qui a suivi les coups de feu. Il reste deux possibilités : qu'il soit le tueur (ou un de ses complices), ou qu'il soit un agent secret chargé de protéger le président mais que son service va trahir (thèse défendue par Oliver Stone dans le film JFK). Si on retient l'hypothèse qu'il était un agent secret, alors il a été trahi par son service. Mais en ce cas, on peut s'étonner qu'il ne dit rien. Car il doit comprendre qu'on l'a trahi, et qu'on veut le tuer. Or, alors qu'il est prisonnier au commissariat, et accusé du meurtre du président, et qu'il devrait avoir compris la machination contre lui, il a la possibilité de s'exprimer devant les journalistes (donc le monde), dans une conférence de presse improvisée. Mais il ne dit rien, il ne fait rien. C'est surprenant si on croit qu'il est un agent qu'on a lâché, mais pas si on croit qu'il est un simple coupable. Autre point : alors qu'un journaliste lui pose la question : "Did you kill the president?" (="avez-vous tué le président?"), il répond calmement: "No, I have not been charged with that", ce qui veut dire "Non, on ne m'a pas accusé formellement de ça". C'est bizarre, comme réponse. Un innocent complet n'aurait-il pas crié : "Non, pas du tout", ou "Bien sûr que non", ou "Evidemment que non", ou "Non, je n'ai tué personne", ou "Non, je n'avais même pas d'arme", etc. ? Pensez-y.
 
 
2. Les photos d'Oswald sont-elles des composites ?
 
C'est une des thèses des critiques du rapport Warren ; que les photos montrant Oswald dans son jardin, avec en mains le fusil qui a servi à tuer Kennedy (voir deux photos dans "autres éléments", ci-dessous) sont des fausses, trafiquées pour faire accuser Lee Oswald. Or, il n'en est rien. Ces photos sont authentiques. C'est indiscutable. Qu'est-ce qui me permet de dire ça?
--* A. Tout d'abord, et tout simplement, parce qu'elles ont été authentifiées. Oui, lors de l'enquête menées par le HSCA (House Select Committee on Assassinations), à la fin des années 70, un groupe de vingt-deux experts (choisis parmi les spécialistes les plus compétents des Etats Unis) a examiné ces photos scrupuleusement, utilisant toutes les techniques offertes par la science (numérisation, agrandissements, mesures, etc.), en s'attachant à étudier les points précis soulevés par les critiques. Ils ont pu répondre point par point aux questions qui pouvaient sembler suspectes. Grâce à des techniques de pointe qui n'étaient pas disponible en 1964 quand la commission Warren était au travail, ils ont pu s'assurer que ces photos n'étaient absolument pas truquées. Leur déposition ne laisse pas la place au moindre doute : ils n'ont trouvé aucune trace d'un quelconque trucage sur ces photos. Par contre, tout indique qu'elles sont authentiques.
--* B. À ce stade, il est bon de faire une remarque. Ces gens qui ont déclaré, donc, que les photos sont authentiques, sont des experts, des spécialistes techniques de la questions, des gens dont c'est le métier. Or, en face, ceux qui mettent en doute l'authenticité de ces photos ne sont pas des spécialistes et n'ont pas leurs connaissances techniques (prenez par exemple Jack White — un expert autoproclamé, c'est pratique — qui, dans sa déposition au HSCA, est obligé d'admettre qu'il ne sait pas ce que c'est que la photogrammétrie). Alors, qui croire? Ceux qui s'y connaissent, et ont des arguments en béton, ou des auteurs de théories parfois tirées par les cheveux, qui parlent de ce qu'ils ne connaissent pas, et mettent en doute des documents qu'ils ne peuvent analyser objectivement par manque de connaissances nécessaires ? Robert Groden ou Jack White, pour ne citer qu'eux, font observer que l'ombre sous le nez d'Oswald ne correspond pas, à leur avis, à celle derrière le corps d'Oswald. Mais qu'en savent-ils? Ils ne donnent que leurs impressions très subjectives. Ce ne sont pas des preuves. Et les arguments qu'ils avancent ont été balayés pas tous les spécialistes qui se sont penchés sur la question. C'est quand même un signe! Qui peut avoir le toupet de douter de ce que prouvent les spécialistes? Il faut être soit prétentieux, soit de mauvaise foi. Pour ma part, n'étant ni l'un ni l'autre, je me garderai bien de donner un avis contraire.
--* C. S'il fallait ajouter un argument, il y a les déclarations de Marina Porter (anciennement Marina Oswald). Que Marina ait eu peur, ou ait été un peu "forcée" dans ses réponses en 1963/64, quand elle accusait son mari, comme certains auteurs le prétendent, passe encore. Mais aujourd'hui, plus personne ne peut suggérer qu'elle a encore peur. Elle parle bien la langue anglaise maintenant, contrairement à l'époque de l'assassinat. Elle vit aux Etats-Unis depuis quarante ans et est remariée à un Américain. Et aujourd'hui, c'est important, elle n'hésite pas à affirmer publiquement, lorsqu'elle intervient dans les media, qu'elle croit son ex-mari innocent. POURTANT, elle continue de dire que c'est elle-même qui a pris les photos! Or, si elle admet avoir pris ces photos, pourquoi douter qu'elles soient vraies? Marina était avec son mari Lee Oswald, ce jour-là. Pas Groden, pas White, pas Reymond, ni aucun des auteurs qui nient l'évidence. Et puis, de toutes façons, ces photos ne prouvent pas la culpabilité d'Oswald dans l'assassinat de Kennedy ; elles n'ont d'ailleurs pas été utilisées par la commission Warren pour prouver qu'Oswald était le coupable, mais elles ont permis de monter son caractère (violent, armé, etc.) et qu'il n'hésitait pas, en tous les cas, à se faire photographier un fusil (et un revolver) à la main. C'est tout. Je veux dire par-là que les photos montrent Oswald avec à la main le fusil qui a servi à assassiner Kennedy, ce qui met fortement la suspicion sur Oswald, mais cela ne prouve pas, en soi, que c'est Oswald qui a tiré le 22 novembre. J'ajoute que même Jim Marrs et Craig Roberts (auteurs de livres pro-conspiration) admettent que Marina a bien pris des photos de son ex-mari avec un fusil dans son jardin. Tous deux me l'ont dit de vive voix (conversation enregistrée par moi, F.C., dans le cas de Jim Marrs). Alors? N'est-ce pas suffisant pour cesser de douter des faits? Maintenant, certains critiques du rapport Warren continuent de nier l'authenticité de ces photos. Mais enfin, pourquoi quelqu'un aurait-il fait de fausses photos, alors qu'il est admis qu'il y avait déjà de vraies photos? De toutes façons, je l'ai dit, ces photos n'impliquent pas Oswald comme l'assassin de JFK. Alors pourquoi aurait-on pris le risque de détection en faisant de fausses photos? De plus, pourquoi prendre un risque supplémentaire en truquant trois photos semblables, au lieu d'une seule? Et si ce sont des fausses, où sont les vraies?
Pour moi, l'affaire est entendue. 1. Marina admet avoir pris les photos, même aujourd'hui, alors qu'elle ne croit pas à la culpabilité de son ex-mari. 2. Jim Marrs admet que Marina a pris des photos, sinon celles-là, du moins les mêmes. 3. Les experts sont aussi unanimes que formels : ces photos sont authentiques. Il n'y a rien à ajouter.
(Que Oswald ait ou non été un agent du gouvernement, que Ruby l'ait tué pour des raisons cachées, que Hoover ait su des secrets qu'il n'a pas divulgués, voilà des sujets sur lesquels on peut discuter. Mais de grâce, il faut arrêter de perdre son temps sur des sujets qui n'en valent pas la peine : les photos d'Oswald sont vraies, point à la ligne. Cela ne remet pas en cause la possibilité d'une conspiration (à laquelle je ne crois pas, mais même), mais éliminons au moins les mystères qui n'en sont pas !)
 
 
3. Le film de Zapruder était-il truqué ?
 
Le film de Zapruder est-il authentique? Ou a-t-il été trafiqué, comme William Reymond le prétend dans son livre? Moi, je dis qu'il est authentique. Je ne suis pas le seul. Robert Groden, lui aussi, jure, affirme, confirme, maintient qu'il est authentique. Je rappelle que Groden est un critique connu du rapport Warren, et que s'il y a quelqu'un qui connaît le film de Zapruder, c'est bien lui. Il n'est pas le seul critique du rapport à reconnaître que le film de Zapruder est authentique. D'autres que lui, comme Anthony Marsh, Martin Shakelford, Clint Bradford, par exemple, confirment que le film de Zapruder est authentique. Mais allons au-delà de ça. Tout d'abord, d'un point de vue purement logique, on ne voit pas pourquoi le film de Zapruder aurait été truqué. Rappelons, comme Costner/Garrison le dit dans le film JFK d'Oliver Stone, que le film de Zapruder a longtemps été un instrument des critiques pour "démontrer" la théorie du complot. Le fameux argument de la tête qui part en arrière, par exemple. Pour Jim Garrison, le film de Zapruder est l'élément sur lequel les comploteurs, dans leurs plans, n'avaient pas compté. Mais voilà que maintenant, certains critiques, qui affirmaient auparavant que le film de Zapruder est un caillou dans la chaussure des défenseurs de la version officielle, parce qu'il montre que Kennedy n'a pas été tué par Oswald, ont fait un virage à 180°, pour affirmer aujourd'hui qu'en fait le film de Zapruder a été truqué par les comploteurs, et que donc on ne peut pas s'en servir pour déterminer la vérité et trouver d'où venaient les coups de feu (donc on ne peut plus dire que le film de Zapruder disculpe Oswald). Quel retournement ! Mais peu de gens, en fait, croient à cette fable, à part des gens comme Jack White ou Jim Fetzer (que j'ai eu l'occasion de rencontrer, comme je le raconte dans mon journal FACTS, et qui se ridiculise chaque jour un peu plus aux yeux des autres critiques du rapport Warren). Une question ; si les comploteurs avaient vraiment mis la main dès le début sur le film de Zapruder qui montrait en gros plan Kennedy recevant les tirs, pourquoi ne pas, tout simplement, détruire le film? Mais laissons cela, et admettons la possibilité que les comploteurs aient eu envie de prendre le risque, pas vraiment payant, de truquer le film de Zapruder (risque que cela se voie et donc mette en péril la conspiration). D'accord, supposons cela. Malheureusement, cette idée ne résiste pas à l'examen.
Premier argument : le film de Zapruder correspond exactement aux autres films et photos pris ce jour-là à Dealey Plaza. Cela signifie donc que si le film de Zapruder avait été truqué, il aurait fallu, en même temps, et avec une précision extrême, truquer tous les autres films et toutes les photos de Dealey Plaza. Donc, se les procurer toutes, et les truquer discrètement toutes. Que chacun réfléchisse cinq minutes ; c'est non seulement impossible, c'est complètement farfelu comme idée. Il aurait fallu au moins 100 complices comploteurs sur Dealey Plaza, pour repérer tous ceux qui prenaient des photos, les suivre chez eux, prendre leurs appareils sans laisser de trace, développer leurs films ou photos, tout remettre discrètement, etc. Sans compter que techniquement, le travail de tout truquer serait monstrueux. Non, vraiment, c'est trop débile... Rien que là, on a déjà répondu à la question. Mais ce n'est pas tout. Il faut rappeler ici (et j'invite tout le monde à vérifier mes affirmations) que Zapruder lui-même, quand il a vu le film projeté lors du procès de Clay Shaw (en 1968, à La Nouvelle Orléans, soit cinq ans après l'assassinat), a affirmé que c'était bien celui qu'il avait filmé et visionné le 22 novembre 1963. Alors? Qui a assez de toupet pour se croire meilleur que Zapruder lui-même pour reconnaître son propre film? Il l'a dit devant la loi, au risque, en cas de mensonge, d'avoir affaire à la justice ; oui, le film de Zapruder qu'on connaît et qu'on a tous vus est bien celui qu'il a filmé et vu (lui et d'autres personnes) tout de suite après l'assassinat. Pour moi, c'est assez convaincant. Mais ce n'est pas tout. Le public français doit savoir que les experts de Kodak ont récemment examiné le film pour essayer de déterminer s'il avait été retouché. Les conclusions sont formelles : le film est authentique. Je dis bien que ce sont des gens compétents et qualifiés qui ont étudié le film (pas un "journaliste" comme William Reymond) [voir le rapport technique de Roland Zavada, disponible sur le site de Clint Bradford, voir aussi la liste de liens en bas de ce paragraphe]. Lisez vous-même! Tous les effets d'optique sont explicables par le fonctionnement de la caméra, et la façon dont le film est entraîné. Parlons également des arguments de ceux qui prétendent que le film a été truqué. Tout d'abord, Fetzer et compagnie affirmaient que la rangée de spectateurs qu'on voit au premier plan du film ne bouge pas (ils employaient le terme "motionless"). Ce qui les faisait conclure que c'était une rangée de gens découpée dans du carton et filmée. Mais quand on a regardé le film de plus près et que on a bien vu des dizaines de mouvements, ils ont trouvé une nouvelle expression : "almost motionless", ce qui veut dire "ne bougeant presque pas". Et alors? Fallait-il que ce jour-là les gens dansent devant la voiture de Kennedy pour que plus tard les critiques ne les prennent pas pour des gens découpés dans du carton? C'est d'un ridicule! De deux choses l'une : soit ce sont vraiment des gens "en carton", et alors il ne devrait y avoir absolument aucun mouvement, soit ils bougent (ne serait-ce qu'un peu), et alors c'est la preuve qu'ils n'ont pas été découpés dans du carton. Si le lecteur trouve que le niveau du débat n'est pas très haut, je le comprends et m'en excuse, mais je ne suis pas responsable de ce qu'affirment William Reymond et ses amis complotistes. Qui plus est, il est établi, quoiqu'en dise Reymond, que Zapruder n'a jamais quitté sa propre copie de son film. Donc si on avait truqué une des copies, n'importe qui aurait pu tout de suite s'apercevoir que le film ne correspondait plus à l'original. D'après les experts indépendants (je n'en suis pas un, mais j'écoute ce qu'ils disent avec respect), personne n'avait la capacité technique à l'époque de truquer un film comme le supposeraient les critiques du rapport Warren. De plus, l'impression de parties d'images reprises dans la zone entre les "sprocket holes" (les encoches servant à faire se dérouler le film) a résulté d'un fonctionnement compris seulement 34 ans après l'assassinat. Personne ne savait comment cela marchait, et encore moins n'aurait pu utiliser ce truc, d'une complexité trop grande, pour tricher.
Il n'y avait donc pas le temps ni le lieu pour truquer le film. Pas le temps, car Zapruder a toujours gardé le sien avec lui (donc à aucun moment on n'a pu le lui prendre pour le trafiquer). Pas le lieu, car, contrairement à ce qui est parfois supposé, le NIC n'avait pas le matériel nécessaire pour trafiquer le film. Non, vraiment, malgré les suppositions ridicules de William Reymond (du style : et si des agents secrets super discrets et super forts techniquement avait lancé leurs équipes hyper balaises pour truquer un film avec 30 ans d'avance, et des centaines de photos en même temps, utilisant des laboratoires ultra-perfectionnés sans laisser de trace nulle part et trouvant partout des complices consentants qui ne les ont jamais dénoncés, etc....), personne ne peut croire que le film de Zapruder est truqué, que l'on croie ou non à la culpabilité d'Oswald.
Mais si Reymond s'était contenté de dire qu'il croit que le film est truqué, j'aurais juste dit que je ne suis pas d'accord, qu'il se trompe, et ça se serait arrêté là. Mais là où je suis écœuré, c'est quand il prétend que lui, William Reymond, a vu le vrai film! Et là je dis que c'est grave, car c'est un mensonge éhonté. Et bien sûr, comme par hasard, il ne peut pas nous le montrer, ce vrai film... Il nous prend pour des imbéciles, ou quoi? Reymond prétend que le panneau routier indiquant Stemmons a été traversé par une balle. Or comme aucune photo, ni aucun film ne confirme cela, il faut supposer qu'ils ont tous été truqués! Alors, vous les lecteurs qui vous intéressez à l'assassinat de Kennedy, quelle que soit votre opinion sur la culpabilité d'Oswald, je ne saurais trop vous conseiller de vous informer sur le film de Zapruder, et de vérifier par vous même, en lisant les arguments des gens compétents (voir le site de Clint Bradford), qui a raison. Vous verrez vous-même où est la qualité des arguments, et où se trouve le ridicule des suppositions les plus folles.
----> Pour en savoir beaucoup plus, lisez les articles suivants :
 
 
4. Les blessures de Kennedy ont-elles été modifiées ?
 
C'est la théorie de David Lifton, l'auteur du livre "Best evidence" (non-traduit en français, hélas!). Lifton a consacré sa vie à l'affaire de l'assassinat de John Kennedy, s'y intéressant dès 1964. Sa théorie est, en résumé, la suivante : les blessures du corps de John Kennedy ont été transformées secrètement, entre l'hôpital Parkland, à Dallas (où Kennedy a été déclaré mort, dans la salle des urgences où les médecins n'ont pas réussi à le réanimer), et l'hôpital de Bethesda, à Washington (où a eu lieu l'autopsie). Le but de cette manipulation cachée : accréditer la thèse du tireur unique - Oswald - en modifiant les blessures de la tête de Kennedy avant l'autopsie, de telle manière que l'on croie que les coups de feu provenaient de derrière, au lieu de devant. En effet, c'est physique, lorsqu'une balle de fusil traverse un corps humain, le trou d'entrée est plus petit que le trou de sortie. Cela permet aux médecins légistes de déterminer, lors de l'autopsie du corps, la trajectoire des coups de feu. Ainsi, selon Lifton, Kennedy a été tué par des coups de feu provenant de devant lui (donc les blessures qu'il a subies devaient avoir des caractéristiques typiques de tirs venant de devant), mais on a transformé ces blessures, afin que les médecins légistes croient qu'en fait il avait été tué par derrière. En clair, les membres de la conspiration on dû agrandir le trou à l'avant de la tête du président Kennedy. Cela signifie que les comploteurs avaient bien préparé leur coup ; tuer Kennedy de devant lui (un tireur placé derrière la palissade en bois, en haut du tertre gazonné), mais faire accuser Oswald (qui lui, était censé être au dépôt de livres, derrière la limousine de Kennedy au moment des coups de feu) au moyen d'un subterfuge impensable : modifier l'aspect des blessures, afin de tromper les médecins légistes, qui dans leur rapport d'autopsie, seront forcés de conclure que les balles provenaient de derrière, ce qui impliquera Oswald, et éliminera les suspicions envers un tireur de devant... (!). Un peu tiré par les cheveux, mais pourquoi pas, après tout? Mais hélas, si cette théorie, rendue publique en 1980, a rendu son auteur célèbre et sans doute le critique le plus lu et controversé, elle a fait long feu et plus grand-monde n'ose aujourd'hui la défendre. On comprend pourquoi.
1. D'emblée, on note que les auteurs qui réfutent la thèse de Lifton sont nombreux. Bien sûr, on compte parmi eux Jim Moore et Gerald Posner (qui défendent la version officielle), mais surtout des gens comme Cyril Wecht, Robert Groden, Harold Weisberg, Martin Shackelford, ou Harrison Livingston, tous de virulents critiques de la version officielle. Ces auteurs réfutent Lifton et sa théorie, affirmant que ce n'est au mieux qu'une ânerie. Pour tout dire, on constate, lors de débats, que parmi toutes les personnes qui étudient l'assassinat de Kennedy, les défenseurs de Lifton sont devenus si peu nombreux qu'on se demande s'il n'est pas tout seul. Or, ces gens-là ont lu le livre de Lifton, ont vu sa cassette vidéo, et croient au complot. Mais ils ne sont pas convaincus par la thèse de Lifton. C'est gênant... De plus, des auteurs comme Livingston ont démonté la thèse de Lifton, démontrant ses erreurs de jugement.
2. Mais surtout, quand on lit le livre "Best evidence", on se dit que c'est une théorie sur l'aspect médical de l'affaire, écrite par un auteur qui n'est pas médecin (et n'a jamais fait d'études de médecine). À tout le moins, cela donne le droit de douter de la pertinence de ses conclusions. D'autant qu'il n'est pas suivi par les spécialistes, et surtout pas par le docteur Cyril Wecht. Rappelons que Wecht est un médecin légiste très titré, expert auprès des tribunaux, ancien président de l'académie des médecins légistes américains, etc. Lui-même, dans sa carrière, a pratiqué des centaines d'autopsies. Or, que déclare-t-il ? En gros, que la théorie de Lifton (le maquillage des blessures après la mort) est une impossibilité physique (le lecteur intéressé peut se renseigner sur la rigidité cadavérique). Wecht connaît Lifton, ils se sont même rencontrés et ont échangé des courriers. Mais Wecht, lui-même critique de la version officielle, réfute de la façon la plus claire la théorie de Lifton. Cela devrait suffire.
3. On notera également que la thèse de Lifton exige que le corps de Kennedy ait été retiré du cercueil dans lequel il avait été mis à Dallas, sans que ni sa propre femme Jackie, ni le nouveau président Lyndon Johnson, ni personne de son entourage ne s'en aperçoive. Et tout cela dans l'avion présidentiel ! Cela parait déjà un peu difficile. D'autant que ceux qui ont accompagné le corps de JFK entre Dallas et Washington affirment que c'est une hypothèse grotesque et impossible. Par exemple, Dave Powers a toujours affirmé n'avoir à aucun moment quitté le cercueil de Kennedy. Il y a mis un point d'honneur. Il était là, lui. Pas Lifton.
4. Un autre problème se pose quant à la séquence de tirs. La thèse de Lifton est simple : tous les tirs proviennent de devant. Or, il commet une grosse erreur ; dans son analyse, il oublie le gouverneur Connally. Connally a été blessé, lui-aussi, ce jour-là, et lui a été touché par derrière (c'est un point avéré, que jamais personne, en quarante ans, n'a contesté). Il y a donc eu au moins un tir de derrière, et donc la thèse de Lifton s'effondre. Que répond-il à ça? Rien. Au fil des années, malgré les innombrables demandes de ceux que ça intéresse fortement, Lifton a toujours refusé d'aborder la question franchement. Il l'élude. Sa belle théorie n'explique pas les blessures de Connally (il l'avait oublié dans son analyse).
Aussi, tant que Lifton n'aura pas réussi à expliquer tout ce qui cloche dans sa thèse, et tant qu'il n'aura pas répondu à tous les arguments de ceux qui la réfutent, on pourra légitimement la considérer comme nulle. Normal, elle l'est !
 
 
5. Le parcours du cortège a-t-il été changé au dernier moment ?
 
Non, non, et non ! Cette idée d'un changement du parcours du cortège, à l'insu de Kennedy, dans le but de l'amener sournoisement sous les fenêtres du dépôt de livres est une sottise. Le parcours a été rendu public plusieurs jours avant le 22 novembre et n'a pas varié. De toutes façons, il ne pouvait pas varier ; c'était le seul possible pour se rendre au Trade Mart, là où Kennedy était attendu. Si on étudie attentivement les rues et routes de Dallas à cette époque, on constate que la voie d'accès à la Stemmons freeway, que devait emprunter le cortège, en venant du centre-ville, passait obligatoirement par Elm Street. Ou alors, il aurait fallu que la limousine fasse une sorte de virage sur elle-même et prenne un bout de voie en contresens. C'est farfelu. Non, le cortège a suivi la route normale, tout simplement. Si des gens ont cru que le parcours était différent, c'est qu'ils n'habitaient pas Dallas, ne connaissaient pas ses routes, ou regardaient des plans peu précis ou mal photocopiés.
 
 
6. Oswald regardait-il passer le cortège du rez-de-chaussée ?
 
Plusieurs auteurs (Robert Groden, entre autres, à ses débuts) ont longtemps tenté de disculper Oswald en utilisant un argument qui semblait imparable : une photo montrait Oswald devant l'entrée du Texas School Book Depository, en train de regarder passer le cortège présidentiel (la célèbre photo d'Altgens) [voir photo dans "autres éléments"]. C'était donc la preuve qu'il n'était pas au 5e étage, en train de tirer. Oui, sauf qu'à la vérité, ce n'était pas Oswald sur la photo ! Eh non. L'homme sur la photo s'appelait Billy Lovelady. Il a été reconnu. Il a été identifié formellement. Il a donné son témoignage. C'était bien lui sur la photo, et pas Oswald. L'argument des "complotistes" tombait donc à l'eau. Retour à la case départ : Lee Oswald n'a pas d'alibi au moment des coups de feux. [voir cette page excellente]
 
 
7. La théorie de la balle unique est-elle réaliste ?
 
Oui. Et pour s'en convaincre, il n'y a rien de tel que de regarder le film de Zapruder dans sa version la plus claire. Oui, il faut absolument regarder "Image of an assassination, a new look at the Zapruder film", MPI (1998) (existe en cassette vidéo et DVD). Le document explique longuement comment le film original de Zapruder a été numérisé et corrigé de ses défauts autant que possible. C'est très instructif. Ensuite, le film de Zapruder est montré plusieurs fois, sous des configurations différentes : à vitesse normale, puis au ralenti, puis avec un gros plan sur le centre de l'image, etc. Et quand on voit le film au ralenti, avec la focalisation sur Kennedy et Connally — une vision que personne n'avait pu avoir avant notre époque — alors cela saute aux yeux : les deux hommes réagissent EN MEME TEMPS. C'est net et cette vision est extraordinairement parlante et convaincante. On voit bien les deux hommes réagir ensemble, au point qu'on peut presque "voir" (= imaginer) la balle passer. Que chaque lecteur fasse l'expérience. Nul ne peut, en toute honnêteté, donner aujourd'hui son avis sur le sujet de la balle unique sans avoir vu cette version très nette du film de Zapruder. C'est vraiment très convaincant. Voilà donc un "argument" des critiques qui tombe (ils prétendaient, en se basant sur des photos ou des copies de mauvaise qualité du film de Zapruder, que les deux hommes réagissaient avec un petit décalage). De plus, les positions respectives de Kennedy et Connally sont COMPATIBLES avec la trajectoire de la balle, contrairement à ce que prétend Robert Groden, qui propose un diagramme n'ayant pas de rapport avec la réalité. Rappelons que Connally est assis sur un strapontin ; il est donc assis plus bas que Kennedy. Disons-le : les deux hommes sont alignés dans un sens compatible avec la trajectoire supposée de la balle unique. Alors, oui, on peut le dire, cette théorie de la balle unique est — à tout le moins — tout à fait réaliste. Pour moi, elle est même vraie. [voir ce site excellent]
 
 
8. Que penser des livres de William Reymond ?
 
---> A.] William Reymond est l'auteur du livre en français "JFK, autopsie d'un crime d'Etat", paru en 1998. Il faut souligner un point important ; lorsqu'on lit le livre de Reymond, on a droit à une soupe qui réunit toutes les théories complotistes en une seule. Reymond introduit David Lifton, Jim Marrs, Harold Weisberg, Robert Groden, John Armstrong etc. Mais ce que ne dit pas Reymond, et qui est pourtant essentiel, c'est que tous ces gens-là ne sont pas d'accord entre eux, loin s'en faut. C'est un fait très connu que de plus je sais, pour avoir discuté personnellement ou échangé des courriers de nombreuses fois avec beaucoup d'entre eux. Par exemple, Robert Groden et Harold Weisberg disent que la théorie de Lifton est idiote et pas prouvée du tout. David Lifton dit que la théorie d'Armstrong sur les deux Oswalds est complètement fausse. Clint Bradford dit que la théorie de Fetzer sur le film de Zapruder est totalement erronée. Wecht dit que Lifton ne comprend rien à l'autopsie. Livingstone dit que la théorie de Lifton est nulle, car il a fait dire aux personnel médical de Bethesda des choses qu'ils n'ont pas voulu dire. Lifton dit que la théorie de Jim Marrs sur les tirs croisés à Dealey Plaza est ridicule et fausse (Lifton pense qu'il n'y a eu que des coups de feu de devant). Etc., etc. Il n'y a unanimité sur RIEN. Ces gens-là, pour la plupart, ne se parlent même pas! Mais William Reymond les englobe tous et en fait une soupe ... qui se révèle indigeste! Toutes ces différentes théories critiques sont incompatibles entre elles, mais le gros souci, c'est que Reymond accepte n'importe quoi, pourvu que ce soit contre la version officielle. Pour le malheur du lecteur, qu'il trompe, le livre de Reymond est vide de toute trace d'esprit critique, d'objectivité, de vérification, de réflexion intelligente. Par exemple, Reymond soutient l'hypothèse idiote et farfelue que le film de Zapruder est faux. C'est n'importe quoi ! Pire encore, il a même prétendu par ailleurs (entre autres à la fin d'une cassette vidéo de Jack White) que lui, Reymond aurait vu "le vrai film de Zapruder" … Ben voyons ! Hélas, il ne peut pas nous le montrer ; il ne l'a pas en sa possession. De tels mensonges me rappellent l'école primaire. Non, vraiment, qu'il y ait eu complot ou non dans l'assassinat de Kennedy, ce n'est pas en lisant ce livre qu'on s'approchera de la vérité.
 
---> B.] [copie de mon article paru dans France Soir, 27 octobre 2003] : Il y a quelques années, William Reymond écrivait un livre qui eu du succès : "JFK, autopsie d'un crime d'Etat" (Flammarion, 1998). Sa thèse? La version officielle de l'assassinat de Kennedy est fausse ; il y a eu complot. Et Reymond, péremptoire, "démontre" : entre autres le film de Zapruder n'est qu'un faux (et lui, Reymond a vu le vrai), ce sont les Cubains anti-castristes qui ont fait le coup, et mieux, Reymond nommait carrément celui qui tire sur JFK (Yito del Valle), etc. Très bien. Beaucoup de lecteurs ont été convaincus par le livre. Mais aujourd'hui, patatras, changement de version. Reymond est retourné enquêter à Dallas, en a tiré un deuxième livre ("JFK, le dernier témoin", avec Billie Sol Estes, chez le même éditeur), et cette fois-ci, merci de faire confiance au bandeau rouge du livre : il a la vérité définitive! Finalement, le film de Zapruder est peut-être authentique, et Reymond n'est plus sûr de ce qu'il a vu, les Cubains n'ont rien à voir avec l'assassinat, et surtout, ce n'est plus Yito del Valle qui a tué Kennedy. Non, c'est un homme appelé Malcolm Wallace. Et pourquoi? Pour faire plaisir à Lyndon Johnson, le vice-président, qui voulait devenir calife à la place du calife, tout simplement. Et comment William Reymond, qui jamais — hélas — ne s'excuse d'avoir trompé ses lecteurs dans son premier ouvrage, "prouve"-t-il sa nouvelle théorie? Facile ; il a discuté avec un ancien homme d'affaires texan, Billie Sol Estes, qui dans ces années-là a fait de la prison pour fraude et participait au financement illégal du Parti Démocrate. Or, cet homme a chez lui une cassette dans laquelle une autre personne, Cliff Carter (proche conseiller de Johnson) dit cette phrase : "Lyndon n'aurait pas dû donner à Mac l'ordre de tuer le président". Voilà, c'est à peu près tout. Bon, comme deuxième élément, il y a une empreinte digitale du tueur Wallace retrouvée au Texas School Book Depository. Mais ensuite? Le problème, c'est qu'Estes lui-même écrit que Wallace a fait feu depuis le fameux "Grassy knoll", situé devant le président (bilocation?). De plus, il est acquis aujourd'hui que les coups de feu ayant tué Kennedy ont été tirés de derrière… L'ennui, c'est que Reymond, dans son livre censé être le dernier mot sur l'affaire, ne dit à AUCUN moment comment le crime s'est passé, selon lui. Pire : il n'aborde jamais les faits tangibles, démontrés depuis des années, sur la reconstruction de l'assassinat, où son scénario, qu'il ne décrit pas, n'aurait de toutes façons pas sa place… Au final, ce livre en trois parties (dont les deux premières, théâtrales, sont totalement inutiles), aussi peu professionnel que très incomplet, ne parvient vraiment à prouver qu'une chose : que William Reymond manque d'esprit critique !
 
Lire aussi ma lettre ouverte à William Reymond, pour une critique plus approfondie (novembre 2003).
 
 
9. Que penser du livre de Caroline Lebeau ?
 
Le quarantième anniversaire de la mort de JFK était l'occasion rêvée pour sortir un livre sur le sujet. C'est ce qu'a pensé Caroline Lebeau, une Belge jusqu'alors inconnue (Les nouvelles preuves sur l'assassinat de J.F. Kennedy, Editions du Rocher, 2003). J'ai bien sûr acheté et lu entièrement ce livre, car c'est une discipline que je m'impose comme méthode de travail. Mon avis ? Cet ouvrage est le paroxysme de la nullité ! Je pense que c'est le livre le plus minable de tous les livres jamais écrits sur l'assassinat de Kennedy depuis 1963 (tous pays et auteurs confondus). En tous les cas, c'est le pire de tous ceux que je possède (une centaine). D'emblée, on constate qu'il n'y a pas d'index. Il n'y a pas non plus de bibliographie. Et les sources? Aucune liste de sources citée en fin d'ouvrage. Il y a bien quelques notes de bas de pages (j'en ai compté 8, mais il y en a peut-être 9, je ne vais pas jurer…) mais elles ne font qu'en montrer la pauvreté, justement. On constate avant même la lecture du livre qu'il n'est pas sérieux, pas professionnel du tout. Et sa lecture est pénible, tant le nombre d'erreurs, de confusions et de contrevérités est grand. Il apparaît clairement que l'auteur ne maîtrise pas le sujet, et que toute sa base documentaire doit se résumer, à peu de choses près, au film "JFK" d'Oliver Stone (!) … Je prends le pari que cette soi-disant "journaliste d'investigation" (elle est bonne, celle-là) n'a jamais mis un pied à Dealey Plaza. Elle ne fait que répéter des insinuations et accusations déjà entendues, qui pour la plupart sont depuis longtemps démystifiées, voire rejetées même par ceux qui croient à un complot. Des exemples ? Il y en a tellement ! Prenons la page 30 : Lebeau nous ressort la théorie éculée du changement de parcours du cortège par les services du maire — dont, soit dit en passant, elle fait une erreur sur le nom (c'est "Cabell", pas "Campbell") — le jeudi 21 novembre à 23h00. C'est une contrevérité. Le parcours n'a pas été changé, et il était déjà public le 19 novembre, publié dans le journal local (une preuve : on peut le voir sur Internet). À la page suivante, nouvelle erreur sur un prénom (son "Robert Craig", c'est "Roger Craig"). Deux pages plus loin encore, elle confond "Fort Knox" avec "Fort Worth". Ce genre d'erreur sur un nom ou un prénom (qui se répète sur tout le livre, mais je ne vais pas en faire la liste) n'est pas en soi très grave ; cela ne veut pas dire que la théorie de l'auteur n'est pas vraie. Je n'en fais donc pas une extrapolation. Mais à tout le moins, cela démontre que l'auteur a fait un travail à la va-vite, peu rigoureux, et pas vérifié. Puis, on apprend que c'est le chef de la police Curry qui conduisait la voiture du Secret Service qui suivait la limousine présidentielle. Ah ben, ça alors ! On en apprend tous les jours ! La lecture de ce livre devient vraiment risible… Mais pas pour longtemps ; comme il y a environ une erreur par page (voire une par paragraphe), les noter toutes devient vite fatiguant. Le récit des événements lui-même est simplifié à l'extrême. Il y a juste la place pour les répétitions de rumeurs, les insinuations diffamatoires, et les erreurs historiques. Presque chaque phrase serait à corriger. L'assassinat de Tippit est survolé en trois phrases (et le travail de Dale Myers ? M'étonnerait que Lebeau en ait eu connaissance, en fait) … on apprend ensuite que deux fusils ont été retrouvés au dépôt de livres (ah, tiens?) … le shérif "Money" entre en scène (celle-là, elle est drôle), alors qu'il s'appelle "Mooney" (pardon, j'avais dit que j'arrêtais de parler des erreurs de noms, bien trop nombreuses) … Puis on lit qu'"Hoover se rend directement sur place" ; où ? Que veut-elle dire ? Que Hoover est allé à Dallas ? J'espère pour elle que non … Lebeau traduit ensuite la phrase d'Oswald "I know nothing more than that" par "Je ne peux rien dire d'autre". Or, ce n'est pas pareil. Pire, sa traduction continue par "… comme les lois américaines m'y autorisent". C'est de l'invention pure et simple, des mots qu'Oswald n'a pas prononcés. Mais bon, à ce stade, on n'est plus à ça près … Lebeau fait également l'erreur de traduire "sixth floor" par 6e étage. Alors qu'on doit traduire par 5e étage (j'ose lui conseiller, en passant, mon livre consacré aux différences entre anglais britannique et anglais américain, publié chez Assimil) … Ah bon, Prouty était membre de la CIA ? On en apprend, de belles choses, dans ce livre, dites-moi. Quoi ? Il y avait l'opération "Ansplach" ? Hallucinant ! Scoop : les photos d'Oswald sont truquées ! Merci Madame Lebeau ! Je sais, je deviens sarcastique. Mais c'est parce que je craque ; il y a trop d'erreurs, je n'en peux plus. Les citer toutes risquerait de saturer Internet ! Lebeau réalise un exploit : en dire très peu sur l'assassinat de Kennedy (ce n'est qu'un bref survol des faits), tout en disant le maximum d'idioties et de contrevérités. C'est très fort ! Mais le point fort du livre reste la partie photographique. Là, c'est vraiment très drôle. La page 59 est une perle. Deux photos prises du film de Zapruder où on ne voit rien, accompagnées de légendes vraiment hilarantes, tellement elles sont nulles (qui oserait prétendre déceler quoi que ce soit dans l'image 197 telle qu'imprimée là?). Au passage, vous noterez qu'il y a un "Library School" … Suit une série d'images dont on ne peut rien tirer de valable. Visiblement, Lebeau se base sur la cassette vidéo de Robert Groden "JFK, the case for conspiracy", dont elle copie les images... Passons. Puis vient un délire sur le film de Zapruder ; ou comment reconnaître quelqu'un dans une tâche (pour être poli, disons que c'est, au mieux, de l'interprétation subjective extravagante). Suivi de remplissage inutile mais bien pratique. Et enfin, la perle des perles : la photo de George Bush (page 134). Là, on atteint le fond. En haut de la page, on voit George Bush avec le président Gerald Ford. Que dit la légende? Que la photo est de 1963. Pas de chance. Cette photo a été prise quand George Bush a été nommé directeur de la CIA, en remplacement de William Colby, en janvier 1976. Bah, l'erreur de Lebeau n'est que de 13 ans ! Mais le pire, c'est que la photo d'en bas, censée représenter George Bush sur Dealey Plaza … est en fait la même photo (celle de 1976), mais retournée à l'envers. Ce n'est qu'un photo-montage grossier. C'est vraiment n'importe quoi ! (À moins que ce collage ne soit mis que pour faire une comparaison avec l'homme placé à côté ? Je ne sais pas, rien n'est expliqué, et de toutes façons il ne ressemble pas à Bush). Faut-il continuer? Allez, jusqu'à la nausée. Un peu de Watergate, des cubains, Marita Lorenz, quelques insinuations (dont une sur le 11 septembre, pendant qu'on y est), et on arrive au bout. La conclusion me pose un problème. L'auteur y écrit "avec toutes les preuves présentées...". Quoi? Mais je n'ai rien vu. Il manquait sans doute des pages à l'exemplaire du livre que je me suis acheté. Mais au fait, qui a tiré sur Kennedy, alors, si ce n'est pas Oswald? Non, là, j'en demande trop. Ah, je suis épuisé … Dans la préface, on parlait d'enquête "brillante et minutieuse". On croit rêver ! Moi qui suis particulièrement critique de William Reymond, je dois bien dire que je ne le compare pas du tout à Lebeau. Ces deux auteurs n'ont rien à voir. À côté de Lebeau, William Reymond est un chercheur sérieux, consciencieux, et professionnel. C'est dire ! Voilà bien le problème d'aujourd'hui : on se retrouve avec des gens venus de nulle part, qui, à force de visiter Internet à grand coups de souris, finissent par se prendre pour des "chercheurs", et écrivent, en quelques semaines, et sans sortir de chez eux, des livres aussi idiots que sans intérêt. Au final, l'ouvrage de Lebeau est à classer dans la même catégorie que celui de Meyssan, et donc à ranger sur sa bibliothèque, non pas du tout sur la rangée "assassinat de Kennedy", mais sur la rangée marquée "délires d'amateurs".
 
 
10. Pourquoi Jack Ruby a-t-il tué Lee Oswald ?
 
Voilà une bonne question. Le fait que le tueur présumé de John Kennedy (Lee Oswald) soit tué brutalement à peine deux jours après a donné des soupçons à de nombreuses personnes enclines à croire à un complot. Pour beaucoup, c'est certain, on a voulu faire taire Oswald (il a participé à une conspiration, il fallait le faire taire avant qu'il ne parle). Et Jack Ruby a fait le travail. Oui, c'est sûr, ça peut y sembler. Mais comme pour le Canada Dry, qui ressemble à de l'alcool (mais ça n'est pas de l'alcool), ici, quoique la mort d'Oswald ait pu avoir comme impact sur les imaginations, elle reste le fait d'un homme ayant agit seul, hors de tout complot.
La logique elle-même le démontre. Réfléchissons. Supposons effectivement qu'Oswald air participé à un complot, et possède donc des informations. Voici un extrait de ce que j'écris à ce sujet dans mon livre "Elm Street" : «Jack Ruby était-il là pour faire taire Oswald ? Cette idée, défendue par beaucoup de critiques et complotistes, n'a pas de sens. Tout d'abord, on se demande bien quel pourrait être l'intérêt, dans une organisation secrète, lorsqu'on a un prisonnier, et qu'on veut l'empêcher de parler, d'aller jeter dans la gueule du loup un autre membre ? Cela ne change rien. Si Oswald est tué, on questionnera Ruby, et donc les conspirateurs n'en seront pas plus avancés. Ce sera même pire, car cette fois-ci, la police soupçonnera un complot, et enquêtera d'autant plus scrupuleusement. Si, en plus, Ruby ne parvient pas à tuer Oswald, alors là, ce sera pire : on aura deux prisonniers. De plus, on sait que dès l'instant où Oswald est arrêté, il sera entouré de caméras, et autres journalistes de radio, avec micros et appareils photos. Aussi, si les conspirateurs veulent faire taire Oswald — parce que, selon un scénario complotiste, ils devaient le faire taire avant, sans doute par Tippit, mais ont échoué — ils savent pertinemment que leur tueur va devoir faire son travail devant témoin, et devant les caméras ! C'est sacrément risqué ! Supposons, en effet, qu'Oswald, qui sera filmé, reconnaisse Ruby dans la foule, ou s'approchant de lui ? On aurait les images du regard d'Oswald, et donc une indication d'une conspiration. Si, en plus, Oswald a le temps de crier quelque chose du genre : «Jack, salaud, tu m'as eu», alors là c'en est fini de Ruby et des conspirateurs qui l'ont envoyé. C'est vraiment trop risqué. Et si Oswald est sauvé par les chirurgiens, ou même s'il n'est que blessé par la balle de Ruby, alors se sentant trahi, il avouera tout. Quels conspirateurs prendraient ce risque insensé ?» (extrait tiré de mon livre Elm Street. Oswald a tué Kennedy, Publibook, 2008).
Et les faits concrets confirment ce que la logique avait montré. Après plus de quarante ans de recherches, de la part des policiers, des enquêteurs des différentes agences, des journalistes, des auteurs indépendants, absolument rien n'a été trouvé qui puisse étayer un tant soit peu la thèse du complot. Selon les meilleures sources de Dallas (telles que le journaliste du Dallas Morning News Hugh Aynesworth) Jack Ruby et Lee Oswald ne se connaissaient pas. Et rien n'indique que Jack Ruby ait agi sur ordre. Tout indique, par contre (témoignages de ses proches ou de sa sœur, ou de son frère, ou de son rabbin, chien laissé dans sa voiture, etc.) que Jack Ruby a agi sur un coup de tête. C'est comme ça. Bien sûr, une personne honnête accepteras les évidences. Mais il y a une certaine sorte de gens, même pas nés à l'époque, et qui ne sont jamais allés à Dallas, et ne connaissent personne de cette ville de cette époque, qui vont oser aller prétendre que Ruby faisait partie d'un complot pour faire taire Oswald. Ils disent ça parce qu'ils on envie de le dire, parce qu'ils se croient malins. C'est pathétique. Et eux, si quelqu'un, dans trente ou quarante ans, dans un autre pays, allait inventer des choses complètement fausses sur eux ?
Bref. Que le lecteur se renseigne, et visionne certains documentaires intéressants, avec interviews de gens sérieux ayant bien connu Jack Ruby: le doute n'est plus permis aujourd'hui : Jack Ruby a agi seul, sans l'aide de personne. Il n'a participé à aucun complot, pas plus que Lee Oswald. Voilà la vérité !
 
 
11. Que pensent les personnes proches des personnages-clés de l'affaire ?
 
À la suite de l'assassinat de John Kennedy, que pense Robert Kennedy, le propre frère du président assassiné, et alors ministre de la justice, avec le pouvoir de faire toutes les recherches nécessaires ? Que pense Robert Oswald, le propre frère de Lee, qui le connaît bien (forcément) et est même allé lui parler dans la prison le lendemain de l'assassinat.? Que pense Jackie Kennedy, qui a assisté de très près à l'événement, et est très entourée par les amis du président ? Que pense Pierre Salinger, l'ami de Kennedy, le porte-parole de la Maison Blanche, qui connaît très bien Lyndon Johnson et Robert Kennedy et tout l'entourage présidentiel ? Que pense James Leavelle, un policier de Dallas qui assiste aux premières loges aux événements de ce week-end (il est sur les lieux de l'arrestation d'Oswald, de l'assassinat de Tippit, de l'assassinat d'Oswald, avec qui il a eu le temps d'échanger quelques mots, etc.) ? Que pense Ruth Paine, la dame qui a aidé Oswald à trouver du travail, et chez qui Marina est venue habiter, et chez qui, donc, Oswald venait  régulièrement dormir ? Que pense que le journaliste Hugh Aynesworth, du Dallas Morning News, qui connaît très bien Dallas et a vécu les événements au plus près ? Réponse : la même chose ! Tous pensent que Lee Harvey Oswald, seul, a tué Kennedy, sans la moindre conspiration.
Il fallait le rappeler.
 
 
12. Est-il vrai que les témoins ont été éliminés ?
 
Non, non et non. C'est une légende, propagée par les complotistes les plus délurés, tels Jim Marrs et consorts. C'est d'abord une idée loufoque en elle-même, qui plus est absolument pas soutenue par les faits. La logique elle-même rejette cette idée. Voici un extrait de ce que j'écris à ce sujet dans mon livre "Elm Street" : «La logique, tout d'abord, est mise à mal par une telle idée. On l'a déjà dit, éliminer un témoin est parfois pire que de ne rien faire, car c'est un signe d'opération secrète, et ne peut qu'éveiller les soupçons des enquêteurs. Si justement les gens présents à Dealey Plaza ou autour des événements du 22 novembre commencent à mourir dans une proportion que la statistique ne pourrait expliquer, on aurait là un signe tangible d'une conspiration à l'œuvre. Les conspirateurs seraient-ils bêtes au point de montrer, par ce biais, leur existence ? De plus, il faut penser à la faisabilité d'une telle opération. Après avoir tué le président, il aurait fallu recenser toutes les personnes ayant vu ou découvert quelque chose de dangereux pour les conspirateurs, volontairement ou par accident. Et il aurait fallu très vite les éliminer. Cela demande, on l'imagine, une opération d'une grande ampleur, avec une logistique importante, et des hommes très nombreux. Car il faut à chaque fois éliminer le témoin sans laisser la moindre trace, afin que la police n'ait pas de soupçon et ne puisse pas remonter aux conspirateurs. Cela demande du travail de préparation. Combien de gens, alors, ont été employés pour ça ? Le complot s'en trouve agrandi d'autant. Mais qui a accepté de s'occuper de ces basses œuvres ? Et avec quelle motivation ? Les complotistes n'en parlent jamais. Ils devraient pourtant réfléchir à la question, car si on peut imaginer que des conspirateurs auraient pu trouver quelqu'un pour tuer Kennedy par haine parce qu'il n'avait pas soutenu l'attaque de la Baie des Cochons, on peut douter qu'ils aient pu ensuite les motiver aussi facilement à aller assassiner des dizaines d'Américains innocents. Et puis, la liste des témoins soit-disant éliminés que nous proposent les complotistes surprend d'emblée par un aspect essentiel : elle donne des noms de gens morts dans les années 70. N'est-ce pas complètement illogique de vouloir rattacher une mort à cette époque-là avec un assassinat de 1963 ? Qui peut croire que les conspirateurs auraient attendu aussi longtemps pour éliminer un témoin gênant ? Un véritable témoin gênant est éliminé tout de suite. Au plus tard le lendemain du crime qu'on veut cacher. Certainement pas un mois après, et encore moins une année après, sans parler de plusieurs années. Cela n'aurait aucun sens. Car l'idée est simple : empêcher la personne de divulguer son savoir. Tout l'intérêt d'une opération d'élimination d'un témoin gênant est d'agir vite. Après autant de temps de passé, il n'y a plus que Jim Marrs pour croire qu'il y a encore des tueurs dans la nature, partis tuer des témoins dix ans après ! D'ailleurs, qui dirige encore ces tueurs, et coordonne leurs actions ? Sans compter que les "tueurs de témoins" deviennent complices et témoins gênants eux-mêmes. Que faire d'eux ? Les tuer à leur tour pour éviter qu'ils ne parlent ?  Enfin, que dire des témoins "en fin de liste", morts des années après ? En constatant que d'autres témoins se faisaient tuer, ils devaient bien deviner que leur tour viendrait forcément. Et aucun d'entre eux n'est jamais allé voir la police ? Personne n'a tenté de se protéger par un enregistrement ou une déclaration sous serment ? Cela ne tient pas debout.».
 
 
 
 
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