11 septembre 2001 : un avion sur le Pentagone.

 
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date : 11 septembre 2001.
lieu : Washington, DC, Etats Unis.
circonstances : Lors des attentats terroristes, un avion s'écrase sur le Pentagone.
idée reçue : Il n'y aurait pas eu d'avion, mais un missile tiré par les Américains eux-mêmes ? … FAUX !
 
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En vérité, il s'agit bien de l'avion d'American Airlines.
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Les chambres à gaz n'ont pas existé...
Lee Harvey Oswald n'a pas tué Kennedy...
Les Américains ne sont jamais allés sur la lune ...


Bien sûr, bien sûr...
Toutes ces "hypothèses" ont un point commun ; elles sont fausses. Ce sont des élucubrations, des négations de la vérité, proférées par ceux qui ont déjà un avis avant d'étudier les faits, (quand ce n'est pas sans étudier les faits!) parce que ça les arrange. À toutes ces histoires farfelues, on peut aujourd'hui en ajouter une nouvelle :

Aucun avion ne s'est écrasé sur le Pentagone ! ...


Pas mal, pas mal. Il fallait oser! C'est complètement faux, mais il fallait la trouver, celle-là! Alors, revenons un peu là-dessus.

L'idée qu'aucun avion ne s'est écrasé sur le Pentagone, mais qu'il y a eu, au contraire, une imposture, c'est celle de Thierry Meyssan, une sorte de "chercheur indépendant", qui fait du journalisme d'investigation (!). Il a écrit deux livres : L'Effroyable imposture (Carnot, mars 2002), et, comme complément, Le Pentagate (Carnot, juin 2002). Dans ces deux ouvrages, il donne sa vision "complotiste" des événements du 11 septembre 2001, avec comme idée-force que l'on nous a menti, et que contrairement à la version officielle, ce n'est pas un avion qui s'est écrasé sur le Pentagone ce jour-là[1]. Le services secrets américains sont très forts et ont réussi à tromper tout le monde, mais pas Thierry Meyssan, qui veille au grain, merci à lui!

La version officielle, justement, quelle est-elle? Que quatre avions ont été détournés ce 11 septembre, dans le ciel des Etats Unis :
- 1. à 8h45, un Boeing 767 de la compagnie American Airlines, assurant le vol 11 (Boston-Los Angeles), s'écrase sur la tour nord du World Trade Center de New York.
- 2. à 9h03, un Boeing 767 de la compagnie United Airlines, assurant le vol 175 (Boston-Los Angeles), s'écrase sur la tour sud du World Trade Center de New York.
- 3. à 9h39, un Boeing 757 de la compagnie American Airlines, assurant le vol 77 (Washington-Los Angeles), s'écrase sur le Pentagone, à Washington, DC.
- 4. à 10h03, un Boeing 757 de la compagnie United Airlines, assurant le vol 93 (Newark-San Francisco), s'écrase près de Shanksville, en Pennsylvanie.

Pour cet article, nous ne nous intéresserons qu'au troisième avion, celui du Pentagone. Et loin de nous engager sur le terrain de la politique, nous ne nous consacrerons qu'à l'étude des faits[2].

Oui ou non un avion s'est-il écrasé sur le Pentagone, le 11 septembre 2001?

Thierry Meyssan prétend que non. Comment le sait-il? A-t-il fait une enquête sur le terrain? Est-il allé à Washington vérifier lui-même? A-t-il interrogé les témoins sur place? Tout au moins, a-t-il parlé avec eux par téléphone? A-t-il fait des tests avec des spécialistes? A-t-il demandé l'avis d'experts? Etc. Bref, a-t-il fait une enquête sérieuse et poussée?
Nenni. Rien de tout cela. Il est resté chez lui, en France, devant son ordinateur, les pieds dans ses pantoufles. Il a juste regardé des photos, et décidé qu'elles semblaient louches. Il a fait "une enquête par Internet". Comme dirait Coluche : "C'est nouveau, ça vient de sortir!"... Il est bon de souligner ce point, car cela montre le "sérieux" (!) de l'auteur, et nous donne d'emblée une idée de la qualité de son travail.



I.] On peut facilement démontrer que Meyssan dit n'importe quoi.

Mais quels sont donc les arguments développés par Meyssan, pour infirmer la thèse officielle? Prenons le temps de lire le chapitre sur le Pentagone de son livre, "L'Effroyable imposture", et récapitulons :

- 1. Je cite Meyssan (page 18) : "En baissant d'altitude, le train d'atterrissage sort automatiquement. ... Le train d'atterrissage a donc dû être arraché avant que l'avion n'atterrisse sur la base du Pentagone. Le tout sans endommager la magnifique pelouse au premier plan, ni le mur, ni le parking, ni l'héliport".

- 2. Je cite Meyssan (page 18) : "Malgré son poids (une centaine de tonnes) et sa vitesse (entre 400 et 700 kilomètres/heures), l'avion n'a détruit que le premier anneau de la construction. C'est ce que l'on observe distinctement sur cette photographie". [photographie de mauvaise qualité imprimée en-dessous]

- 3. Je cite Meyssan (page 20) : "Si l'on incruste la forme de l'avion dans la photographie satellite, on constate que seul le nez du Boeing est entré dans le bâtiment. Le fuselage et les ailes sont restés à l'extérieur. L'avion s'est arrêté net, sans que ses ailes ne frappent la façade. Aucune trace d'impact n'est visible en dehors de celle du nez du Boeing. Nous devrions donc voir les ailes et le fuselage à l'extérieur, en fait sur la pelouse." [photographie de mauvaise qualité imprimée en-dessous, dans laquelle on voit la silhouette d'un avion en incrustation sur le Pentagone, montrant que le trou dans le mur du Pentagone fait 19 mètres, alors que l'envergure d'un Boeing, au niveau des ailes, est de 38 mètres]

- 4. Je cite Meyssan (page 21) : "Si le nez de l'avion est fabriqué dans un alliage composite susceptible de fondre rapidement et si les ailes - qui contiennent le carburant - peuvent brûler, le fuselage du Boeing est dans une matière comparable à la carrosserie d'une voiture ou d'un camion. A l'issue de l'incendie, il laissera nécessairement une épave calcinée. Si vous vous reportez à la photographie de l'Assiociated Press, vous constaterez manifestement qu'il n'y a pas d'avion. Le cliché a pourtant été pris dans les premières minutes : des camions de pompiers sont arrivés, mais les pompiers ne se sont pas encore déployés, et les étages supérieurs ne se sont pas encore effondrés."

- 5. Je cite Meyssan (page 22) : "Ainsi, bien que des officiels, parlementaires et militaires prétendent avoir vu tomber l'appareil, personne n'a vu le moindre morceau d'avion, pas même le train d'atterrissage : il n'y a que des fragments non-identifiables de métal."

Voilà, c'est tout. Le reste du premier chapitre n'est qu'une suite de niaiseries et autres paragraphes vides d'argumentation. Reprenons donc ces cinq "arguments" un par un :

=> "argument" 1. Analysons cette affirmation de Meyssan. Elle est non-seulement fausse, elle est révélatrice. Le train d'atterrissage d'un avion de ligne (en l'occurrence un Boeing 757) ne sort pas automatiquement. Il est actionné par le pilote. Point, à la ligne. C'est un fait. C'est indiscutable. Tout le monde le sait, ou peut le vérifier aisément. C'est une information à la disposition du public. Mais soit Thierry Meyssan ne le sait pas, et c'est grave, car il parle de ce qu'il ne connaît pas ; il invente des arguments qui partent d'un faux postulat. Soit il le sait mais il ment, et alors là c'est encore plus grave. Mais dans les deux cas, il apparaît comme un bien piètre enquêteur, à ce stade, car pour ne pas savoir une chose aussi accessible au public, alors même qu'on écrit un livre sur ce sujet, et qu'on utilise un tel argument pour proposer une théorie osée, ... là, franchement, le lecteur a de quoi se poser des questions! Car enfin, Meyssan "prouve" que les photos sont suspectes parce qu'elles ne montrent pas les traces que le train d'atterrissage aurait dû faire en sortant automatiquement. Mais comme, donc, un train d'atterrissage est actionné manuellement, l'argument tombe complètement à l'eau !

=> "argument" 2. Là, c'est risible. Il faut savoir que le Pentagone est un bâtiment composé de cinq anneaux concentriques (numérotés de A à E, en partant du centre). Ce n'est pas seulement le dernier anneau (l'anneau extérieur) du bâtiment qui a été détruit. Soyons clair : les trois anneaux extérieurs ont été très fortement touchés ; ils ont été entièrement traversés! Meyssan se plante complètement. Pourquoi? Simplement parce qu'il travaille à partir de photos, et que celle qu'il montre est une prise aérienne, donc vue du dessus. Or, contrairement au dernier anneau, pour les autres anneaux touchés le plafond ne s'est pas effondré, donc même s'ils ont été touchés par l'impact, cela ne se voit pas du dessus. La photo de Meyssan est donc trompeuse. Meyssan, qui se base sur une photo, croit pouvoir conclure qu'un seul anneau a été touché, et que c'est suspect, alors que trois anneaux ont été complètement traversés! C'est ça le risque, quand on tire trop rapidement des conclusions, sans aller vérifier sur place!

=> "argument" 3. "Si l'on incruste la forme de l'avion, etc.". Les méthodes de travail de Meyssan sont affligeantes de méconnaissance. Il découpe la silhouette d'un avion, la pose sur la photo du bâtiment du Pentagone, et se demande comment cela peut correspondre. C'est un peu comme s'il prenait une photo de Laguna, tirée d'un catalogue de Renault, et essayait de la poser sur une photo d'arbre, pour essayer de comprendre un accident de la circulation avec une voiture encastrée. Je suis sûr qu'il trouverait quelque chose de louche.

Mais arrêtons-nous là pour bien comprendre de quoi on parle. Que fait Meyssan, en fait? (et que font, de même, tous ceux qui lui ont emboîté le pas?). Il analyse les photos du crash, c'est à dire les photos d'un bâtiment dont la façade s'est effondrée, et, surpris par la configuration du trou dans la façade, en conclut que ce n'est pas un avion qui est passé par là. Mais je pose la question : de quel droit se permet-il de donner un jugement? Car enfin, est-il expert en accidents d'avions? Et les gens qui l'ont crû sans réfléchir plus que ça, sont-ils des spécialistes de l'analyse photographique, experts en accidents d'avions? Thierry Meyssan a-t-il une capacité d'analyse si puissante qu'il peut, simplement grâce à une photo, déterminer quel engin a pu ou non traverser un mur comme celui du Pentagone? Quelle connaissance a-t-il des lois de la physique et de la mécanique qui sont en jeu? En fait, Meyssan n'a aucune connaissance particulière dans ce domaine. (Quelle prétention de la part de ceux qui se permettent de juger par photo interposée! Un peu de modestie ne leur ferait pas de mal). Car ce qui est sous-entendu, dans la critique de Meyssan, c'est que lui est capable de dire comment aurait dû être le trou dans le mur du Pentagone, en cas d'accident d'avion. Mais de quel élément de comparaison dispose-t-il? Réponse : d'aucun. Car personne au monde, avant le 11 septembre, n'aurait pu dire quelle forme prendrait le trou dans le mur du Pentagone, si un avion venait à le percuter. Cela dépend de la vitesse, de l'angle, de la résistance du mur, du poids de l'avion, et de tout un tas de paramètres. Comme c'était la première fois qu'un Boeing 757 s'écrasait sur la façade du Pentagone, nul de dispose d'élément de comparaison pour déterminer si le trou est "normal" ou "anormal". Il faut bien comprendre ça. Meyssan n'a pas à sa disposition une séries de photos d'un autre cas d'avion s'écrasant sur le Pentagone et laissant des traces bien lisses, bien déterminées, faciles à suivre, et différentes de celles de l'avion du 11 septembre, ce qui lui permettrait de faire une comparaison. Non, puisque ça n'était jamais arrivé. Alors, il imagine ce que serait, d'après lui, la forme des traces laissées par un avion sur la façade du Pentagone. Et comme ce qu'il imagine ne correspond pas à ce qu'il voit, il conclut qu'il y a eu complot. C'est complètement fou (voire parano!). Il faut bien comprendre, donc, que l'élément de comparaison qu'utilise Meyssan pour réfuter la thèse officielle n'est pas sa connaissance d'un cas précédent posant problème, non, c'est simplement ce qu'il pense qu'il aurait dû se passer.

De plus, une étude même minimale des archives des accidents d'avions nous montre qu'il n'y a pas deux cas semblables, en ce qui concerne les débris, ou traces d'impact. Tout dépend du lieu, de la vitesse de l'impact, de l'avion, de la résistance des matériaux (jamais les mêmes), de la charge de l'avion, de sa trajectoire, etc.

À ce propos, il est intéressant d'interroger Monsieur Jean-Pierre Otelli, pilote lui-même et auteur de nombreux livres sur des accidents d'avions. Son avis sur l'affaire est assez clair : "C'est du "pipeau" complet, écrit par des gens qui n'y connaissent rien en aéronautique. Par contre, ils sont absolument excellents pour lancer un bouquin car, quoi qu'il en soit, le livre va être un véritable carton. D'un point de vue marketing, c'est formidablement bien joué.. La thèse du complot va forcement séduire les foules car elle est bien plus passionnante pour le grand public (même si elle est absolument nulle techniquement). Le pire, c'est qu'on vous dira qu'il n'y a jamais de fumée sans feu et la rumeur persistera pendant des dizaines d'années"". J'ai pu communiquer avec Monsieur Otelli par e-mail, et je reprends ci-dessous quelques extraits des dialogues que nous avons pu avoir :

- 1. (question par F. C.) "Connaissez-vous un exemple équivalent à l'accident du Pentagone ?"
*** réponse de J.P. Otelli : "J'ai déjà vu malheureusement des crashs, en direct tout près de moi en meeting. La plupart du temps, si l'énergie est importante (la vitesse d'impact), il ne reste absolument rien qu'une trace noire dans l'herbe ou un profond cratère dans le sol si l'avion est gros. Je dis bien RIEN. Aucun débris. C'est étonnant pour un non initié mais c'est comme ça : E = mc2. Chaleur et lumière dirait un certain romancier. Un des mes amis s'est tué sur un avion de chasse à Mach 0.97 dans la montagne et on n'a pas retrouvé un seul morceau de l'avion. Quant à son cercueil, il était absolument vide (morbide mais vrai)."


- 2. (question par F. C.) "Quand vous dites "aucun débris", à quel type d'avion faites-vous référence ? Est-ce que cela s'applique à un petit avion (type Cessna) ou est-ce que ça peut s'appliquer à un gros avion commercial de la taille d'un Boeing,? De même, concernant votre malheureux ami pilote de chasse qui s'est tué a Mach 0,97 : la vitesse était beaucoup plus élevée que pour le Boeing du Pentagone. De plus, un avion de chasse est plus petit qu'un Boeing. Peut-on légitimement comparer les deux ?"
*** réponse de J.P. Otelli : "Mon ami s'est tué sur Mirage 2000. Aucun débris. Mais cela s'applique à tous les types d'avions, car plus ils sont gros, et plus il y a d'énergie (et de carburant)."


- 3. (question par F. C.) "Les crash en meeting ne touchent-ils pas surtout des engins relativement légers (de 1 à 5 tonnes) qui n'ont rien avoir avec un Boeing de 100 tonnes ?"
*** réponse de J.P. Otelli : "Encore une fois, ce n'est pas une question de poids mais d'énergie. Un Boeing ne vole pas à 900 km/heure dans un meeting."


- 4. (question par F. C.) "Vous savez que chaque accident d'avion est différent. Par exemple, parfois il y a des survivants (l'avion se casse en plusieurs morceaux et les passagers de l'arrière survivent), parfois il ne reste plus rien (par exemple pour le Concorde). Mais même pour le Concorde, il restait des débris assez importants (voir photos sur le site Internet du BEA)."
*** réponse de J.P. Otelli : "Concorde n'avait pas d'énergie. Il a percuté avec une vitesse verticale faible et une vitesse de translation quasi nulle (de l'ordre de 10 nœuds)."


- 5. (question par F. C.) "Justement : si c'est bien un avion qui a percuté le Pentagone, n'avait-il pas, en gros, la même vitesse que le Concorde et la même vitesse verticale? Or pour le Concorde on a retrouvé des débris. Qu'en pensez-vous?"
*** réponse de J.P. Otelli : "Pas du tout. Concorde : Vitesse verticale de l'ordre de 15 m/s Vitesse de translation proche de 10. Pentagone vitesse verticale de l'ordre de 15 m/s mais vitesse de translation de l'ordre de 900 km/h."


- 6. (question par F. C.) "D'après ce qu'on sait aujourd'hui, les passagers ont pour la plupart été identifiés par leur ADN, etc. Si donc on a pu identifier les restes humains, c'est précisément qu'on a pu retrouver des restes sur le site du Pentagone. Ma question est donc ; est-ce que cela n'implique pas forcément qu'il reste des débris de l'avion?"
*** réponse de J.P. Otelli : "Les restes ADN existent évidemment mais ils sont minuscules. Bien entendu, cela prouve que les passagers de l'avion étaient bien présents."


Bien sûr, ces échanges sont trop courts, et les réponses trop laconiques pour lever tous les doutes, mais la position de Monsieur Otelli - qui a mille fois plus d'expérience et de connaissance dans ce domaine que Meyssan - est on ne peut plus claire. Ce que je veux dire par là, c'est que les gens qui doutent que ce soit bien un avion qui s'est écrasé sur le Pentagone, ce sont - comme par hasard - des gens qui n'ont pas de connaissance, ni de compétence particulière dans ce domaine. C'est un point à souligner, et sur lequel il est intéressant de s'arrêter. Car, en fait, qui est étonné par ce qu'il voit sur les photos et ce qu'il "interprète"? Thierry Meyssan, quelqu'un qui n'y connaît rien, et qui affabule. Mais ceux qui s'y connaissent, les spécialistes des accidents d'avions comme Otelli, ou d'autres (architectes qui construisent des bâtiments comme le Pentagone, pilotes, militaires, etc.), eux, ne sont pas étonnés, et adhèrent à la version officielle. N'est-ce pas révélateur? C'est comme si moi, n'ayant aucune connaissance en médecine, j'allais mettre en doute un rapport d'autopsie, prétextant qu'il est truqué, alors qu'un médecin légiste n'y verrait rien à redire. Qui me prendrait au sérieux? N'est-il pas raisonnable de demander l'avis de ceux qui savent de quoi ils parlent, plutôt que de suivre les suppositions d'un Thierry Meyssan qui n'a aucune connaissance du sujet qu'il aborde? Il faut savoir, en effet, que de nombreux professionnels de l'air, pilotes de ligne, contrôleurs aériens, ingénieurs aéronautiques, etc. ont bien démontré la nullité de la thèse de Meyssan sur le forum de discussion "fr.rec.aviation". En clair, je le redis, pour les spécialistes, la version officielle ne pose pas de problème. Il ne faut surtout pas l'oublier. C'est Meyssan, et lui seul (et aussi ceux qui le suivent aveuglément, sans faire de travail de vérification) qui a un problème avec la version officielle. Ce n'est pas parce que quelque chose "parait bizarre" à Meyssan, un profane sans connaissance aéronautique, que c'est forcément louche.
(Soit dit en passant, comme quelqu'un l'a souligné, quand on voit le nombre de morts, l'effondrement du plafond et de la structure de l'anneau extérieur, le feu et les dégâts sur des trois derniers anneaux, on ne peut que se demander quel degré de destruction il faudrait pour convaincre Meyssan?)


En fait, que Meyssan n'ait pas les connaissances nécessaires pour analyser des photos d'un site d'accident, cela n'est pas gênant en soi. Chacun a sa spécialité. Mais là où il y a un problème, c'est quand il se permet, devant une photo, de se dire que c'est truqué, et qu'on nous ment, au lieu, tout simplement, de demander leur avis à ceux qui savent. Son attitude est celle d'un prétentieux, qui préfère mal conclure, plutôt que de s'informer.

=> "argument" 4. "... le fuselage du Boeing est dans une matière comparable à la carrosserie d'une voiture ou d'un camion". Ah oui? Quelle "matière"? Peut-on savoir? Meyssan ne le précise pas (ben voyons!). Comme l'explique Jean-Pierre Otelli dans son livre "Les fous du ciel"[3] (je le cite) : "Un fuselage d'avion est généralement fabriqué en alliage d'aluminium avec certaines parties en titane ou en matières composites telles que la fibre de carbone. Tous ces matériaux brûlent dans les incendies. L'acier n'est jamais utilisé en aéronautique pour des raisons évidentes de poids".

=> "argument" 5. Mensonge. Quand Meyssan prétend que "personne n'a vu le moindre morceau d'avion", il invente. C'est malhonnête de sa part. C'est faux. Des morceaux d'avion ont été retrouvés à l'intérieur comme à l'extérieur du bâtiment. Bien sûr, pas de grosses parties, pas des rangées de sièges intacts, ou que sais-je? Mais même de petite taille, des morceaux ont été retrouvés et même photographiés. Certains éclats ont été éjectés loin, jusqu'à la route. Des témoins ont vu des éléments de l'avion dans le Pentagone, et un débris reconnaissable a été photographié sur la pelouse (voir plus loin). Le pire, c'est que sur la même page où Meyssan ose écrire que "personne n'a vu le moindre morceau d'avion", lui-même cite le témoignage du chef des pompiers qui déclare : "... il y a quelques fragments de l'appareil que l'on pouvait voir de l'intérieur pendant les opérations de lutte contre l'incendie dont je parlais, mais il ne s'agissait pas de débris volumineux". Cette déclaration à elle-seule détruit l'argument mensonger de Meyssan.

Alors, voilà, nous avons vu ce que valaient les "arguments" de Meyssan. Mensongers ou ridicules, ils peuvent être réduits à néant très facilement.



II.] Arguments en faveur de la version officielle.

Mais dénoncer les erreurs des autres n'est jamais une preuve de ce que l'on avance nous-mêmes. Alors, qu'est-ce qui nous permet de dire que la version officielle est vraie, en d'autres termes que c'est bien le vol 77 d'American Airlines qui s'est bien écrasé sur le Pentagone, comme nous l'ont dit les média? Voyons ces éléments.


- 1. les témoins.

Oui, parfaitement, il y a des témoins de la scène ; des gens ont vu l'avion voler devant eux et aller s'écraser sur le Pentagone. Ces témoins sont très nombreux : on parle de centaines, voire de milliers de gens qui ont vu l'avion voler à très basse altitude sur Washington, et des dizaines qui l'ont vu s'écraser sur le Pentagone. Cela fait beaucoup. Il y a une autoroute qui passe à côté du Pentagone, et les automobilistes ont entendu un grand bruit, et ont vu (cela doit être un spectacle très impressionnant). un avion leur passer au-dessus. De plus, nombreux sont ceux qui ont reconnu un avion d'American Airlines. Il faut dire que ces avions sont nettement reconnaissables, n'étant pas, c'est leur particularité, de couleur blanche, mais métallique-argentée. Les agents Air France le savent tous. De plus, deux lettres AA sont peintes sur la dérive, des bandeaux rouge, blanc et bleu longent le fuselage, au niveau des hublots, et le mot "American" est écrit au-dessus. Bref. Ce matin-là, beaucoup de gens à l'extérieur (ou de leur fenêtre), ont vu l'avion. Eux étaient là, pas Meyssan. Ils ont vu l'avion, c'est que l'avion était là. Point final. C'est concluant. Normalement, il n'y aurait rien à ajouter.
[Note : Ne pas croire tous ces témoins est un affront, surtout de la part de quelqu'un qui n'était même pas sur place ce jour-là. C'est comme si un Chinois refusait de croire mon propre témoignage quand je dis que le 25 juillet 2000 j'ai vu le Concorde décoller en feu. Que ça plaise ou non, oui, je l'ai vu (et entendu). J'étais là. Et des centaines d'Américains, le 11 septembre 2001, ont vu le Boeing d'American Airlines passer devant eux. Ceux qui refusent de le croire doivent être malades.]

Faut-il donner des noms? Allons-y (et chacun pourra vérifier).
1. Barbara Olson, journaliste chroniqueuse judiciaire à la télé américaine, est à bord de l'avion (elle fait partie des passagers, et cela, même Meyssan ne peut pas le contester). Elle téléphone à son mari, Théodore Olson. Elle lui annonce que son avion est détourné par des pirates de l'air qui en ont pris le contrôle, que l'un des pilotes est blessé, que des gens ont été égorgés, que les passagers ont été regroupés vers l'arrière de l'appareil, etc.
2. Steve Patterson, un Américain de 43 ans, déclare au Washington Post qu'il était en train de regarder les informations sur l'attentat contre le World Trade Center à la télévision, quand il a vu, par sa fenêtre de son appartement au 14e étage à Pentagon City, voler un avion de ligne de couleur argent.
3. Joel Sucherman, qui se rend à son travail, voit l'avion d'American Airlines passer dans son champ de vision de gauche à droite.
4. James S. Robbins raconte qu'il est à son bureau, qui fait face au Pentagone, au téléphone en train de parler des événements de New York, debout devant sa fenêtre, lorsqu'il voit le 757 plonger sur le Pentagone. Puis il voit l'explosion. Il dit que cette image est imprimée dans sa mémoire.
5. Myrlin Winbish voit l'avion tellement proche qu'il se baisse instinctivement à son passage.
6. Terrance Kean se précipite à sa fenêtre lorsqu'il entend le rugissement des réacteurs et il voit l'avion s'écraser. (voir les annexes)
7. Asework Hagos voit l'avion voler très bas et s'écraser. Il reconnaît un avion d'American Airlines. (Meyssan l'admet même)
8. Mike Walter, dans sa voiture bloquée dans un bouchon, voit arriver "un avion d'American Airlines".
9. Steve Riskus est dans sa voiture lorsque, terrifié, il voit l'avion passer très bas, sur sa droite, et aller s'écraser sur le Pentagone. Il a le réflexe de sortir son appareil photo, et s'en va vite, de peur qu'un autre avion ne vienne également s'écraser. De retour chez lui, il charge ses photos en ligne sur son site Internet. etc., etc.
Tous ces gens sont bouleversés, on le voit lorsqu'ils sont interrogés par les journalistes arrivés sur place dans les minutes qui suivent.

Alors? N'est-ce pas concluant? Si, bien sûr, pour toute personne normale, mais pas pour les gens de mauvaise foi comme Meyssan. Que fait-il, lui? Il aligne tous les témoignages, essaie de les décortiquer (d'une façon qui l'arrange), et pointe du doigt les différences. Par exemple, il remarque que dans son récit, l'un des témoins, Kirk Milburn, ne parle pas d'un "Boeing", mais d'un "avion". En clair, pour que Meyssan soit convaincu, il aurait fallu que 100% des témoins reconnaissent tout de suite le modèle de l'avion, la compagnie, et pourquoi pas le numéro du vol, ou le prénom du pilote, pendant qu'on y est? S'il n'a pas tous ces éléments dans le récit, alors Meyssan doute de sa véracité. C'est idiot. C'est vraiment ne pas connaître le phénomène du témoignage, qui ne peut jamais être précis. Lorsqu'un accident de voiture a lieu, même en plein jour, devant dix personnes sobres, leurs récits comporteront des différences. Chacun, selon sa sensibilité, sa position par rapport au lieu, son émotivité, sa réaction de peur ou non, etc., n'aura pas la même perception du drame. Tout policier, ou journaliste ou enquêteur débutant le sait très bien. Il faut savoir composer avec ça. Meyssan, lui, ne le sait pas. Mais les différences sont modestes. Par exemple, si un accident de voiture se passe, et qu'on interroge une vieille personne présente sur les lieux, il est possible qu'elle ne soit pas en mesure de déterminer le modèle du véhicule (une Renault Espace turbo-diesel, modèle 1998). Elle pourra l'appeler "une voiture", ou "une grosse voiture", ou "une petite camionnette", ou que sais-je encore? Mais est-ce qu'il faudra en conclure, si elle ne dit pas le nom exact du modèle de véhicule, qu'elle ment ou que son témoignage est louche? Bien sûr que non. Sauf si on s'appelle Thierry Meyssan.
Pourtant, ce qui est frappant, c'est que de nombreux témoins ont réussi à déterminer que c'était un avion d'American Airlines qui s'écrasait. Et rien que cet élément milite en faveur de la version officielle. En effet, l'avion a été reconnu - pas par tout le monde, c'est sûr - mais par plusieurs témoins. Cet avion, de cette compagnie. Pas une autre. Ceci est particulièrement convaincant.

À moins que tous ces gens-là aient menti (après avoir pris des cours de théâtre et avoir subi un entraînement auprès de la CIA pendant des semaines pour apprendre à mentir et être convaincants)? Qui le pense? Mais même cela, Meyssan, qui n'a pas quitté son fauteuil pour aller les interroger, de toutes façons, n'aurait pas pu le déterminer! Ou alors, ils se sont trompés? Après avoir écouté la radio et regardé la télévision, ils se sont imaginés avoir vu un avion s'écraser sur le Pentagone, mais ils se trompaient? Meyssan le suggère fortement dans son livre. Mais ça ne tient pas ; c'est même tellement bête et contraire aux faits connus (certains témoins ont donné leur récit en direct bien avant de rentrer chez eux pour regarder la télé) qu'il est inutile de répondre à ça.

Sur ce sujet des témoins, voici ce que Meyssan a à dire (page 23 de "L'Effroyable imposture") : "Nonobstant le respect que l'on doit à la haute qualité des "témoins oculaires", officiers et parlementaires, il est impossible d'avaler de telles balivernes. Loin de créditer leurs dépositions, la qualité de ces témoins ne fait que souligner l'importance des moyens déployés par l'armée des Etats-Unis pour travestir la vérité".
Que veut-il dire? Qu'est-ce que c'est que ce charabia? De quels moyens parle-t-il? En une phrase, Meyssan se débarrasse des témoins de la scène. Lui qui n'a jamais quitté son fauteuil, il élimine ce qui le gène. Des centaines de gens ont vu l'avion s'écraser sur le Pentagone? NON, pour Meyssan, ce ne sont que des balivernes. C'est l'armée américaine qui travesti la vérité. Comment? Meyssan n'explique pas. Lui, il n'a pas d'argument, il n'a pas de preuve, il n'a rien de concret. Pour tenter de convaincre ses lecteurs, il n'a recours qu'aux répétitions d'accusations gratuites. C'est tout. Je vous laisse juge de son comportement.



- 2. les débris.

Contrairement à ce que dit Meyssan, il reste des traces physiques de la présence de l'avion sur les lieux de l'accident. Et ça, c'est UNE PREUVE IRREFUTABLE que c'est bien l'avion qui s'est écrasé. Des fragments de métal de petite taille ont été éparpillés partout, même loin du bâtiment, jusque sur la route. De même, à l'intérieur du Pentagone, des éléments de l'avion ont été découverts (voir ci-dessous, le témoignage de John Monaccio, et en annexes, celui d'Ed Plaugher, le chef des pompiers du conté d'Arlington). Ainsi donc, des éléments de l'avion ont été vus à l'intérieur et à l'extérieur du bâtiment du Pentagone, par plusieurs personnes qui - faut-il le souligner encore une fois? - étaient présentes sur place, contrairement à Meyssan. Tout concorde.

Mais surtout, s'il fallait éliminer le moindre doute, il y a cette photo :
















[Mark Faram © AP]



On y voit clairement un bout de métal déchiré et plié et coupé, mais qui visiblement provient bien d'un avion d'American Airlines. Cette photo a été montrée comme preuve que l'avion s'était bien écrasé sur le Pentagone. Mais Meyssan et ses amis, eux, ont nié que le débris qu'on y voit puisse provenir d'un Boeing 757 d'American Airlines. Quels sont leurs arguments? Je cite Le Pentagate, page 18/19 : "Le détour courbé du rouge et du blanc exclut qu'il s'agisse des lettres "AA" très angulaires figurant sur la queue. De la même manière, une étude de la large bande bleue, blanche et rouge qui fait le tour de la carlingue et figure également sur le nez de l'avion permet d'affirmer que le débris ne peut pas en provenir. Le ailes ne comportent pas de rouge, mais seulement du noir et du blanc. Le dessous de l'appareil est uniquement de couleur gris métallisé. Il reste donc le mot "American" inscrit sur le côté du Boeing. Mais là encore, nouveau problème: la forme des couleurs semble indiquer qu'il s'agit du coin d'une lettre. On devrait donc observer juste à côté, le détour de la lettre suivante. Or, on ne distingue rien de tel sur la photo. Dernière possibilité: qu'il s'agisse de la dernière lettre du mot. Mais là, nouveau problème: on devrait pouvoir distinguer le détour de la porte, qui jouxte la lettre "n". Rien de tel n'apparaît sur la photo."
Revenons sur ce beau discours. Tout d'abord, une photo de bonne qualité montre que les couleurs du débris correspondent à celle des avions d'American Airlines (le métal n'est pas peint en blanc, comme, par exemple, si cela avait été une pièce d'un avion Air France). Comme par hasard... Mais ce n'est pas tout. Bien sûr, il est tout à fait vrai que le débris ne peut pas provenir de la dérive verticale ; non seulement, effectivement les lettres "AA" sont angulaires, mais en plus le débris présente des rangées de rivets qui n'existent pas sur la dérive. On peut également facilement reconnaître que le débris ne vient pas non plus de la large bande horizontale qui longe l'appareil au niveau des hublots. Cela se voit à l'œil nu (voir photo, tout en bas de ce document). Il n'y a pas de bleu sur le débris, seulement du rouge, une fine bande blanche, et le métal. Par contre, cela semble furieusement correspondre au mot "American" qui est écrit sur le dessus de l'appareil. Une vérification de près le montre bien. Les rangées de rivets, qu'on voit nettement sur le débris, correspondent parfaitement avec cette partie du Boeing. Il faut dire que j'ai moi-même été vérifier : muni de la photo, je suis allé au pied d'un Boeing d'American Airlines, et j'ai regardé attentivement, en prenant mon temps (contrairement à Meyssan et ses amis qui ne travaillent - décidément - que sur photos, les pauvres!). J'encourage d'ailleurs mes collègues à faire de même. Ils verront alors ce qui apparaît de façon éclatante. Le débris vient bien de cette partie de l'avion. Et contrairement à ce qui est écrit dans le livre, la porte est placée trop loin pour que son contour puisse apparaître sur le petit débris. Car ce débris est de petite taille. La photo qu'utilise Meyssan est trompeuse, car on ne peut pas déterminer la taille du débris. mais d'autres photos ont été prises qui montrent des pompiers juste à côté du débris, ce qui permet de se faire une idée de la taille de celui-ci. Elle correspond parfaitement à une pièce provenant du haut de la carlingue de l'avion, là où est inscrit le mot "American". Pour ma part, compte tenu du fait que je n'ai pas la pièce entre les mains pour l'aplatir, ce qui aiderait à en déterminer la provenance exacte, je pencherais pour dire que c'est le haut du "n" que l'ont voit. Dans tous les cas, il est indéniable que ce débris provient bien de cet endroit-là. C'est visible, c'est net. Les gens qui étaient avec moi ce jour-là ont vérifié également et confirmé mon impression.


Pour bien voir :



















[photo tirée du site de Sarah Roberts]




Il y a d'autres débris répertoriés qui ont été photographiés ou filmés à plusieurs reprises, dont la lettre "C" du Boeing 757. Le lecteur intéressé est invité à visiter les liens Internet cités plus bas : l'un d'eux montre des photos de l'intérieur du Pentagone, où, entre autres, on voit bien les restes d'un essieu et d'une des roues de l'avion.
Ainsi, en plus des témoins qui ont vu l'avion s'écraser, il y a des traces physiques qui démontrent la présence de l'avion d'American Airlines sur les lieux de l'accident. L'affaire est entendue ; il y a bien eu un avion qui s'est écrasé sur le Pentagone, ce jour-là, et c'est bien le vol 77 d'American Airlines, comme l'ont dit les journaux.



- 3. Autres traces.

Plusieurs lampadaires ont été soit arrachés, soit pliés par le passage de l'appareil. Ce sont des traces visibles. Tout le monde a pu le constater. Alors, si ce n'est pas l'avion qui a fait ça, qui, ou quoi?



III.] Autres éléments de réflexion contre les théories de Meyssan.

Un problème important se pose à ceux qui nient l'évidence. S'il ne s'est pas écrasé sur le Pentagone, alors, où est l'avion? Lorsqu'un avion de ligne décolle pour un vol commercial, il y a des traces, des papiers, des documents, la liste des passagers, de l'équipage, etc. Ce jour-là, le vol 77 d'American Airlines a bel et bien décollé. Il existait bien. Où est-il passé, alors? Parce que, nous serons tous d'accord sur ce point, l'avion s'est posé quelque part, il n'est plus dans le ciel. Jamais Meyssan n'en parle ou ne propose d'alternative. Dans son deuxième livre, il y a un chapitre entier consacré à ce sujet, intitulé "Disparition d'un avion". On se précipité dessus pour connaître les arguments de Meyssan et avoir sa réponse. Et on reste sur sa faim, comme d'habitude. Dans ce chapitre, Meyssan a un argument (pas deux). Lequel ? Tout simplement, que c'est l'armée qui a annoncé la disparition de l'avion, et comme l'armée nous manipule, on ne peut pas lui faire confiance, donc on ne peut rien affirmer. Difficile d'avoir un raisonnement plus grotesque!
Il y avait 64 personnes à bord du vol 77 d'American Airlines qui a décollé de Washington, à destination de Los Angeles, ce matin du 11 septembre 2001. Si cet avion ne s'est pas écrasé sur le Pentagone, où est-il, maintenant? Où est son pilote, Charles Burlingame? Sa femme, sa fille et son petit-fils aimeraient bien le savoir. Où est le copilote, David Charlebois? Ou sont les hôtesses de l'air Michele Heidenberger, Jennifer Lewis et Renee May? Où est passé le steward Kenneth Lewis? Où? Mais sacré bon sang que Thierry Meyssan nous le dise, à la fin! (... on peut toujours attendre ...)


Tout est pourtant très simple. Ce 11 septembre 2001, le vol 77 décolle de l'aéroport de Dulles. Des pirates de l'air en prennent le contrôle, ils débranchent le transpondeur, et font s'écraser l'avion sur le Pentagone, devant des centaines de gens qui voient l'avion et le reconnaissent. L'avion s'écrase sur le Pentagone, bâtiment doté de murs très solides, s'il en est (on conviendra que le mur blindé du Pentagone est plus solide que la variété d'aluminium dont est fait l'avion) , et il reste des débris reconnaissables. Le nez du Boeing s'est écrasé, le fuselage s'est tassé en accordéon et les ailes se sont repliées contre la carlingue, en quelques centièmes de seconde. Ensuite, l'explosion et le feu ont quasiment tout détruit. "On pourrait, techniquement, comparer cet attentat au crash contre une montagne dans le brouillard, radars en panne, donc de plein fouet sans réduction de vitesse ni déviation de trajectoire in extremis. Or on sait qu'il ne reste pratiquement rien en pareil cas." (source Internet, AIPJ Actualité internationale). Tout se tient. Point final.

Meyssan ne croit pas à cette histoire. Libre à lui. Mais il ne propose pas d'autre scénario, il n'offre pas d'alternative. Non, il se contente de nier les évidences avec un ton ironique, voire persifleur.

Sans le hasard - la chance? - de la présence des frères Naudet sur les lieux de la catastrophe à New York (on connaît leur histoire ; ils étaient là pour faire un reportage sur les pompiers), on n'aurait pas de film du premier avion s'écrasant sur une tour du World Trade Center. Il n'est pas si surprenant que cela qu'on ne dispose pas de film vidéo sur l'avion s'écrasant sur le Pentagone. Quant aux photos du lieu de l'accident, à l'intérieur du bâtiment, soyons sérieux. C'est un bâtiment militaire, siège du ministère de la Défense. On peut concevoir que l'entrée dans ce bâtiment éventré, où des documents internes et secrets volent partout, ait été interdite aux touristes!

À ce propos, il est très intéressant de lire quelques extraits du témoignage de John Monaccio, qui était à l'intérieur du Pentagone ce jour-là:
"I'm Chief Master Sergeant John Monaccio, I'm the senior Air Force enlisted police officer for the Air Force.
I was in the Pentagon on Sep 11th, in room 1B461, when we were attacked. I personally participated in rescue and recovery operations immediately after the attack, and for days afterwards, and have direct observations of many details not mentioned previously, and of what I claim in this e-mail. [...] From the beginning, WTC was an open book with continual coverage, the Pentagon was not. The Pentagon houses 25,000 people, most of whom work on classified information in the routines of their day. The attack blew unimaginable amounts of classified documents and other classified media into open areas. Security containers were dislodged, sensitive operations areas blown open, and classified computers and papers littered the site. The raging fires created drafts carrying classified papers into the air and distributing them everywhere on the grounds of the Pentagon. The corresponding law enforcement response brought in agents from every possible three letter abbreviated force, many who work undercover or covert operations. Protecting their identity is a concern so they can live to fight another battle another day. I suggest those are the reasons why access to photos, videos, etc., have been limited. For example, I was in room 1B461. The plane's inertia carried aircraft remains all the way through the building coming to rest on the outside walls of our offices. We discovered cockpit wreckage (souligné par moi, F. Carlier) at our feet while attempting to rescue people from a Navy operations area. I worked with the FBI gathering evidence in an attempt to confirm the company the airliner was from so they could track it back to it's point of origin. While doing so, we found certain religious items from the hijackers. The evidence collection process was filmed by a civilian crew working for Arlington County. The crew filmed the evidence amongst reams of classified information at the scene. Similar problems with classified existed everywhere. Photographers had the same problems of any picture they took on scene. [...] The plane hit at a 45% angle to the face of the building. An impact hole was clearly made, and the aircraft and wreckage continued some 240' through the rings of the building coming to rest in A&E Drive. The engines were buried inside the building and they took many of the support columns out that resulted in the eventual collapse of the E-Ring (in conjunction with the fires). The entirety of the E, D, & C rings were demolished as a result of the blast effect from the plane. [...] The plane did just crash into the front of the building. There are corresponding holes in the building to meet the fuselage and a limited portion of the wings and tails section. The plane did not strike the ground first, it hit right below the second floor of the E-Ring. [...] The debris is not visible in the pictures because of the sheer destructiveness of the impact against the scale and depth of field of the photos. [...] Look closely at the released video and you'll see in the frames pieces of the airliner actually flying over the top of the Pentagon's E-Ring [...] There was wing damage, but remember the plane's wings are 1/8" aluminum against solid granite. The wings disintegrated and spewed small parts and pieces across some 800 feet by 300+ feet of area to the front of the building. If you look closely at the pictures, you'll see an impact hole that basically accounts for the fuselage and to width of where the engines were on the wings. [...] There was a debris field in the front of the E-Ring littered with small pieces of the plane. [...] The aviation gas was vaporized on contact with the building when the wings were ruptured. The mass of the liquid was carried forward deep into the building to the point where it started fires 240 feet into the building and up to the 5th floor. [...] Assuming 8,600 gallons of kerosene fuel at a specific gravity of approx. 6.9 lbs./gal (temperature considered) weight of the fuel would be close to 60,000 lbs. and would splatter everywhere. True, and it did just that. The initial fireball seen on the tape was not the entirety of the blast. Much of the fuel was carried forward and into the hallways, corridors, rings, and offices. The fuel ignited a split second later and vaporized many workers at their desks. The ferocity of the fires on the outside of the building were caused by the aviation fuel. [...] CMSgt John Monaccio, HQ USAF/XOFM."

On pourrait parler d'autres éléments encore. Par exemple, Meyssan est flou sur ses sources.
Je le cite: "Les pilotes professionnels rencontrés confirment que peu d'entre eux sont capables d'envisager une telle opération et l'excluent formellement pour des pilotes amateurs." ... Ah oui? Peut-on en savoir plus? Qui sont ces pilotes? Peut-on avoir leur nom, leur déclaration officielle? Il semblerait que "citation" ou "références" ne soient pas des mots qui veulent dire quelque chose pour Meyssan. N'ayant pas les sources, le lecteur ne peut donc rien vérifier.


Autre exemple : Meyssan doute que les radars aient pu perdre l'avion. Je cite une réponse de spécialiste trouvée sur Internet : "Un avion volant à très basse altitude (moins de 500 pieds), transpondeur coupé, avec des interférences de relief ou de bâtiments, est indétectable. Les intercepteurs et les missiles de croisière utilisent cette particularité. Et contrairement a ce que certains croient, les satellites-espions ne balaient pas en permanence 100% de la planète. Leurs objectifs sont orientés, depuis leur centre de contrôle, sur telle ou telle "cible" en fonction des préoccupations géostratégiques du moment. On peut concevoir que le Pentagone croyait avoir mieux a faire, ce jour-là, que de s'espionner lui même..."

Comme souvent en pareil cas, de nombreux sites Internet personnels se sont ouverts, consacrés à cette controverse. Malheureusement, quoique de façon prévisible, les gens qui refusent d'admettre la réalité n'ont pas d'argument valable à opposer à la version officielle. Ainsi, pour récuser le fait que les débris retrouvés proviennent bien de l'avion, un auteur n'a à opposer que ses "impressions" ou ses "estimations" de la taille du débris, au vu des photos.... Face à la réalité concrète, les vagues estimations visuelles d'Internautes ne peuvent, bien sûr, avoir aucun poids dans la balance.

Revenons sur les erreurs de témoignages. Par exemple, lorsque le Concorde s'est écrasé, en juillet 2000, les journalistes de la chaîne de télévision LCI (notamment Hélène de Vinck) parlaient sans arrêt de "micro-fissures" pendant les premières heures, évoquant cette hypothèse comme possible explication. Dans la soirée, Air France s'est expliqué, mettant fin à cette rumeur : d'une part, les micro-fissures, bien connues des services de maintenance, ne pouvaient en aucun cas expliquer l'incendie, et d'autre part, de toutes façons, ces micro-fissures concernaient d'autres appareils, et justement pas celui qui venait de s'écraser. Donc, on pouvait écarter cette hypothèse de façon certaine, car elle n'avait rien à voir dans l'explication de l'accident du Concorde. Cette hypothèse avait été imprudemment avancée par les journalistes de LCI, aux tous premiers instants, sans vérification ; le but étant d'être les premiers à informer, dans la concurrence entre chaînes, quitte à dire n'importe quoi. C'est habituel. Mais on aurait tort de tirer des conclusions autres, comme par exemple qu'il y a eu un complot de LCI, ou que sais-je? Il est connu que dans les cas comme celui-là, beaucoup d'informations sont données à la va vite, sans qu'on ne les aie toutes vérifiées. Certaines choses qui sont dites et répétées et amplifiées sont fausses. Elles sont corrigées plus tard, quand les esprits se calment et que l'enquête progresse. On élimine le faux pour ne garder que le vrai. Mais si quelqu'un de mal intentionné s'avise de tout rassembler ce qui a été dit, et de faire remarquer qu'il y a des invraisemblances ou des contradictions, il va évidemment trouver des exemples sans avoir à se fatiguer ; c'est obligé! Mais c'est un travail aussi facile qu'idiot, qui n'a comme résultat que d'enfoncer des portes ouvertes et de détourner les gens de la vérité. Cela ne prouve rien, et cela ne fait pas avancer le débat, au contraire.

Une remarque, également, sur l'intérêt d'une telle opération. Pourquoi organiser un tel coup fourré? Pourquoi prendre d'énormes risques, et organiser un gigantesque complot? Pour donner une raison d'attaquer l'Afghanistan? Aucun intérêt. C'était inutile ; il y avait déjà eu deux avions qui avaient été détournés sur New York, plus un autre écrasé en Pennsylvanie, les deux tours du World Trade Center effondrées, et des milliers de morts. C'était suffisant, si je peux m'exprimer ainsi, pour justifier une riposte des Américains. Rien n'obligeait l'armée américaine, comme l'insinue Meyssan, à en rajouter en se tirant dessus !

Un dernier point : si on suit Meyssan, il faudrait croire que les "services secrets" américains ont préparé minutieusement un complot, ont réussi (sacré coup de maître), 1. à faire disparaître un avion de ligne (Copperfield est battu) et 2. à faire croire à tout le monde qu'il s'était écrasé sur un bâtiment en pleine ville, en plein jour alors que c'était faux, mais au dernier moment ont commis l'erreur de laisser les gens prendre des photos qui dévoilent la supercherie, faisant ainsi tomber à l'eau leur opération? Si près du but... C'est presque dommage.... Comme quoi la CIA n'avait pas pensé à tout! Merci Monsieur Meyssan.

Concluons sur ces mots de Michel de Pracontal[4] : "Elvis Presley est-il vivant? Des cosmonautes américains ont-ils vraiment débarqué sur la Lune? La figure du diable est-elle apparue dans la fumée des tours de Manhattan? Les employés juifs du World Trade Center ont-ils été prévenus avant les attentats? Ces délires, relayés sur Internet, témoignent de la fragilité du réel contemporain. L'impact médiatique d'un Meyssan, propulsé comme une fusée par une émission d'Ardisson, devrait faire réfléchir tout citoyen responsable aux implications d'un monde où la télévision peut affirmer que le charbon est blanc et que deux et deux font cinq sans autre conséquence qu'une augmentation de son Audimat."


NOTES :

[1] En fait, pour le premier livre ("L'Effroyable imposture"), seul le premier chapitre a trait à l'avion sur le Pentagone. Le second chapitre parle des avions s'écrasant sur les tours à New York. Ensuite, c'est parti pour les discours de Bush et autres considérations sur Ben Laden, la guerre, la politique, etc. Un salmigondis de banalités, généralités, phrases vides mais insensées. Une bouillie indigeste sans véritable fil directeur. Le deuxième livre ("Le Pentagate"), lui, est entièrement consacré au sujet de l'avion sur le Pentagone, et aux "réponses" (!) aux critiques. Notons que ce livre est écrit par d'autres auteurs, "sous la direction de" Thierry Meyssan.
[2] Je n'aborderai pas ici les cas Bush, ni Ben Laden, ni les services secrets, ni quoi que ce soit. Je n'y connais rien de plus que les autres, c'est à dire pas grand chose. Je n'ai pas d'opinion, ou mon avis n'a pas de valeur. Je peux, par contre, argumenter sur des faits!
[3] "Les fous du ciel", de Jean-Pierre Otelli (Altipresse, 2002), note 54, page 97.
[4] "Les sornettes de "L'Effroyable imposture"", hebdomadaire le Nouvel Observateur (n°1966, semaine du 11 au 17 juillet 2002, page 70).



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l'avion








+++ ANNEXES +++

- 1. (témoignage du chef des pompiers)

[Ministère de la défense, Washington, USA, mercredi 12 septembre 2002]
Une conférence de presse, présentée par Victoria Clarke, à laquelle participent plusieurs personnes, dont Ed Plaugher, le chef des pompiers du conté d'Arlington, présent sur les lieux de l'incendie du Pentagone dès le début, a lieu le 12 septembre 2001, au lendemain des attentats. Thierry Meyssan utilise, hors contexte, et de façon détournée, certains passages du témoignage d'Ed Plaugher. Dans un souci de transparence, voici, ci-dessous, son intervention complète, à l'état brut.
Au lecteur d'en tirer les conclusions qu'il veut.

Clarke: Then the Arlington County fire chief, Ed Plaugher, which is P-L-A-U-G-H-E-R.
Plaugher: Good morning. As you can see for yourselves, we are still engaged in a very stubborn fire fight with parts of the building. We have recently requested some additional specialized apparatus that will gain entry into the center courtyard of the Pentagon, and we're bringing additional specialized individuals very highly trained in this type of fire fighting. We do have on the scene the FEMA [Federal Emergency Management Agency] team, and they've been here for some time now. As a matter of fact, when they're all here, there will actually be four of the what are called USAR-FEMA [Urban Search and Rescue-Federal Emergency Management Agency] teams. They are starting operations at this point in the crash site, while fire fighting operations are going on in the other parts of the Pentagon. We have no estimate at this time of how long it's going to take to get the fire out or how much additional resources we're going to need. However, as we get information we will be sharing it with you through the joint information center, which is part of the FBI's joint command post.
Question: Can you tell us about the persistence of the fire --
Clarke: Yeah.
Question: Why it is so difficult in that apparently attic area that continues to burn? What is it about that?
Plaugher: They type of the construction of the Pentagon is very, very, I would call, stout World War II type of construction. A lot of concrete, a lot of very thick masonry. On top of that is a wooden roof structure. On top of the wooden roof structure is slate, and so it's just a very very difficult system to get through to extinguish, and it takes a lot of cutting with special tools and equipment, and then a lot of hand work by the firefighters to get up in there. And we're trying to get ahead of the fire right now.
Question: Are you going to knock down the sections that are leaning in the damaged part? Is that part of the game plan, or is that still a pending decision?
Plaugher: What typically USAR does is they make sure that they make it as safe as they possibly can for their people, so any debris that is loose or hanging comes down first. And so that you'll see that operation where there is some sort of demolition going on, and that is to make sure that any of the loose stuff doesn't fall on the rescue workers.
Question: Question, but with a very brief prelude. Yesterday, earlier, of course, most of the smoke and the fire seemed to be fuel from the plane, and then late yesterday afternoon, that had dissipated or been put out, and there was light smoke, and actually very little late in the afternoon. Now there's a lot more. So, there are two questions, or a two-part question: One, what is burning? And two, what's caused the fire, apparently, to start up again?
Plaugher: Okay. We were never able to fully extinguish the fire in the roof structure. We were able to get it mostly knocked down, and again because we're having extreme difficulty making access under the slate roof, it's to be expected to take awhile to get there. We have had the fuel from the jet catch fire again, and we're now in there with some additional hand-lines and some foam-lines, with aircraft fire-fighters inside of the insides of the Pentagon trying to suppress it, this time with fire-fighting foam.
Question: You said aircraft firefighters?
Plaugher: Yes, from the airport.
Question: From the airport?
Plaugher: From Reagan National Airport.
Question: Have you removed the bodies?
Question: Could you tell me how many bodies have been removed?
Plaugher: We have no information on any type of casualty or body counts at this time.
Question: By that you mean you haven't removed any bodies yet?
Plaugher: I will not say that, okay? But that whole process is being set up and is going to take some time. So again, that's not part of this briefing.
Question: Will you have to get onto the roof in order to put out that fire?
Plaugher: Yes. We're up on the roof, we're up there now. We have our fire-fighting forces up there with great support from all the area fire departments -- Washington and --
Question: Are you removing sections of the roof to get at the fire?
Plaugher: Yeah. We're doing what's called a "trench cut" which is a slice of the roof, which then lets the fire gases out of that part of the roof. We then bring water streams into the back part of the fire cut, and so that the fire actually sucks the water up to it and helps to extinguish the fire up there. Please excuse me, I've been up all night, so. But that's basically the technique that's used. We have a couple of hundred firefighters on the fire ground right now from all of the area fire departments.
Question: Can you give us any sense of the area that was destroyed, how wide it is? How many feet? And did it break through to all five rings of the Pentagon?
Plaugher: It did not break through to all five rings, and I do not know the measurements.
Question: Is there anything left of the aircraft at all?
Plaugher: First all, the question about the aircraft, there are some small pieces of aircraft visible from the interior during this fire-fighting operation I'm talking about, but not large sections. In other words, there's no fuselage sections and that sort of thing. The other question?
Question: Do you have any injuries among firefighters, any at all?
Plaugher: We've had some small. When I say small, I'm talking about not major types of injuries. But we've had -- to my knowledge, we had four fighters transport to area hospitals for some minor injuries, and that probably has changed since I've even been here.
Question: They were not hurt in the collapse?
Plaugher: I'm sorry?
Question: They were not hurt -- no one was hurt in the collapse?
Plaugher: Not to my knowledge, right.
Question: Is that the only ring that has collapsed?
Plaugher: That is the only ring that has collapsed.
Question: Which ring, the E ring?
Plaugher: The very exposed ring.
Question: Chief, there are small pieces of the plane virtually all over, out over the highway, tiny pieces. Would you say the plane exploded, virtually exploded on impact due to the fuel or --
Plaugher: You know, I'd rather not comment on that. We have a lot of eyewitnesses that can give you better information about what actually happened with the aircraft as it approached. So we don't know. I don't know.
Question: Have you -- have search and rescue teams made a priority of finding the black box of the aircraft? Have you gotten to that stage of trying to locate that at this point?
Plaugher: We obviously will, at the appropriate time. But at this particular time, we're all in the preliminary stages of setting up the further operations.
Question: Can you describe how many firemen have been involved in this, how many units, or any way that you can, to give us a quantitative estimate?
Plaugher: Actually, believe it or not, we do not know. We had just this tremendous outpouring of help from the entire community, and we had firefighters and fire units from places that I didn't even know existed, here to help with the situation. So -- excuse me --
Question: Several states?
Plaugher: Oh, yeah. Several states.
Question: Did they come from -- how far?
Plaugher: All over Virginia, Maryland, Pennsylvania.
Question: How many search and rescue people do you have standing by?
Plaugher: Okay. We have four USAR teams. Each one of these USAR teams has a complement -- and the last I was briefed, there were about 60-some people in each team, so there's four times 60-some of the USAR teams here.
Question: Four search and rescue --
Question: Where are they from?
Plaugher: Four search -- the search and rescue teams are from Fairfax County, Montgomery County; from the Virginia Beach Fire Department; and from a fire department in Tennessee. And I'm sorry I don't know which fire department in Tennessee, but it's called the Tennessee Task Force, so it might be made up of several fire departments out of Tennessee.
Question: Are more coming in, sir?
Plaugher: Not at this time. As you might imagine, the USAR teams are fully engaged in the situation in New York City and other places. And so we're going to try -- what I've been told is they're going to try to hold it with the four urban search and rescue teams --
Question: Have you had trouble getting search and rescue teams --
Plaugher: No, we have not. FEMA has been fabulous.
Question: Will you be able to assure people that are working in the building that it's safe for them now to be there, with the smoke that's pouring out of the building?
Plaugher: We will be constantly evaluating the conditions within the -- inside the Pentagon and working with the Pentagon staff to make sure that it is safe.
Question: What's the special apparatus --
Question: Could you describe the extent of the damage now? Could you describe --
Plaugher: The apparatus question was -- we need some very low-profile apparatus to make it into the center courtyard of the Pentagon, so we can gain access to some of the roof structures. And because of some very old fire stations in some communities, they actually do design fire apparatus, with very, very low profiles, that has the reach capability that we need. Sir?
Question: Could you describe the extent of the damage caused by the fire now? I mean, Corridors 2 through 6 are closed. Is there fire damage now throughout that -- through all the rings?
Plaugher: Not through all the rings, but to the two rings on each side of the crash site that -- we have some covered walkways and we have fire going down those covered walkways, that has gone out to those covered walkways and now going down those corridors.
Question: What about the flooding?
Plaugher: Obviously, we're using large amounts of water, and so we are deeply concerned about how much water damage that we're doing, particularly to the basement of the Pentagon and other areas. And so we're having that evaluated --
Question: How hot is the fire right now, and how hot was it at its worst? Do you have any figures on that?
Plaugher: It's a stubborn fire. And it's not hot, and we're not, you know, engaged in a fully, you know, roaring fire situation; it's just stubborn, very difficult to get to and very difficult to extinguish. The jet fuel fire that I was talking about earlier -- it's one of those things when you're dealing with a flammable liquid, it's very -- you got to put a blanket of foam over the top of it to stop it from flaring up.
Question: Where is the jet fuel? Just --
Plaugher: We have what we believe is a puddle right there that the -- what we believe is to be the nose of the aircraft. So --
Question: Where is that? What ring is that, or corridor --
Question: Can you describe the reconnaissance efforts you used initially to determine survivors?
Plaugher: Okay. We immediately sent crews into the Pentagon upon arrival, to try to make sure we had a handle on exactly what parts of the building that we were in. And at that particular time, we were able to do a lot of search and we were able to do a lot of confirmation of the various parts of the building. As you might imagine, with the volume of fire that we had, it got continually worse inside of there, so we had to back out. But early on, we were able to make quite a good -- what we call a preliminary search of this --
Clarke: Chief, let me make one point here.
Plaugher: Yeah.
Clarke: Folks, I had promised the chief he could get back to the job at hand, so make -- probably the last question for him --.
Question: You made a statement last night, a raw estimate of potential casualties of between 100 up to 800 -- really raw and preliminary, I understand --
Plaugher: Absolutely.
Question: Can you give a sense of how you arrived at that figure? And have you backed off of that today or expanded it, given that -- and it's still raw --
Plaugher: What I said last night was, this was a ballpark figure. You know, in other words, this is what we're looking at as far as for the size of it. Again, we really do not have any casualty counts at this time. And you know, if you want to say that, you know, is that still accurate, I would say that we don't know anything other than it might still be accurate. I mean, wow, 100 to 800? That's huge, but that's the best we can do.
Question: When you say the fire is stubborn, does that mean there are spots of fire in different portions, or --
Plaugher: Up in the roof section. It's hard to get to.
Question: I see. Can you tell me where the fire is now?
Plaugher: As well as in the area right where the crash site was.
Question: (Off mike.)
Plaugher: Right.
Question: So those two areas of fire --
Plaugher: That's correct.
Question: -- are still burning.
Question: And sir, have you cut through the roof to prevent it from spreading to the unaffected part of the Pentagon?
Plaugher: We are doing that now.


- 2. La rumeur

(reproduction d'extraits d'un chapitre du livre Les fous du ciel, par Jean-Pierre Otelli, [Altipresse, 2002])
[Jean-Pierre Otelli]

«Scoop! Concorde ne s'est jamais écrasé sur un hôtel de Gonesse! En réalité, c'est un coup monté par un lobby industriel français, qui souhaite détruire l'image du vieux supersonique afin de relancer la construction d'un nouveau SST.
Vous n'y croyez pas parce que vous avez vu des images de Concorde en flammes? Ce sont des trucages des médias qui sont complices du complot. Chacun sait que, de nos jours, toutes les images peuvent être falsifiées!
On a retrouvé des morceaux de l'avion à l'endroit de l'impact? Foutaises: ce ne sont que des débris mineurs déposés quelques heures à l'avance! D'ailleurs, juste avant le crash, on a vu des camionnettes de livraison sur le parking de l'hôtel... C'est une preuve!
Pourtant, l'explosion a été aperçue de loin? Vous êtes naïfs. C'était une bombe couplée à des dizaines de fûts de carburant...
Mais enfin, des milliers de banlieusards ont vu l'avion tomber sur Gonesse? Cela n'a aucune valeur. Vous voulez une autre preuve: personne n'a réussi à filmer le crash en lui-même!
On a retrouvé des restes humains sur les lieux du drame et l'analyse ADN a montré qu'ils s'agissait bien des passagers du vol? Vous êtes naïfs: les pauvres ont été tués ailleurs et on a apporté quelques morceaux de viande sur place. C'était facile puisque tout le monde est dans le coup, Chirac, Jospin, et surtout les militaires avec Dassault, Airbus et puis il y aussi les Anglais et les Allemands, les Russes, la DGSE, la CIA, l'ancien KGB... Ils sont tous complices dans ce complot! C'est effroyable...
Tout cette théorie vous paraît absolument aberrante? Et pourtant elle ne l'est pas davantage que celle qui est apparue en France en mars 2002 à propos du crash du vol 77 sur le Pentagone.
[...]
Etrange "enquête" qui, répétons-le, ne se fonde que sur l'interprétation lointaine de sept photographies officielles obtenues sur Internet4. A partir de ces documents, Thierry Meyssan tire des conclusions qui sont exactement le contraire de celles qu'un spécialiste des crashs peut déduire.
[...]
Non seulement, l'auteur de L'Effroyable imposture n'a aucune connaissance aéronautique mais il n'a même jamais fait corriger son texte par un pilote, fusse-t-il un débutant dans un aéro-club.
[...]
Il faut simplement savoir qu'une opération de manipulation comme celle imaginée dans le livre de Meyssan supposerait un gigantesque complot impliquant des dizaines de milliers d'Américains. Il aurait fallu mettre dans le coup: les contrôleurs aériens6, les pompiers, les policiers et les employés du Pentagone qui n'ont pas été tués, sans compter les habitants de Washington car l'avion a bien été aperçu par des milliers de témoins en ville (malheureusement, il n'a pas été filmé). Il aurait fallu également des tueurs pour éliminer les passagers du vol 175, des dizaines de soldats fossoyeurs pour enterrer les victimes qui auraient dû être achevées ailleurs. Il aurait fallu également des ferrailleurs pour découper l'avion (c'est dur l'acier!) qui aurait disparu dans un coin perdu des USA et sans que personne ne remarque rien.
On atteint même le comble du délire en songeant que certaines familles des victimes seraient complices du "lobby militaro- industriel"... Ainsi, le mari de Barbara Olson, la présentatrice de CNN qui a téléphoné depuis l'avion, serait dans le coup!!! (à moins bien entendu qu'un crime passionnel ne soit venu se greffer sur l'affaire?).
Cette théorie serait ridicule si elle n'était insultante pour les victimes et leurs familles. Comment imaginer qu'au pays de la Liberté où la vie de chaque citoyen américain est vitale, d'autres Américains aient pu faire disparaître sciemment plusieurs milliers de leurs compatriotes? Comment imaginer que le lobby militaro-industriel ait autant de complices dans la population? Comment imaginer que, dans un pays où la presse peut virer un Président menteur, les médias se laisseraient abuser par une supercherie aussi grossière?
[...]
Pour conclure, on ne peut que reconnaître qu'il y a bien eu une opération de manipulation concernant le crash du vol 77 sur le Pentagone. Mais elle a été montée par l'auteur de L'Effroyable imposture... Rarement un livre aura aussi bien mérité son titre. C'est une telle réussite financière qu'on nous sortira certainement un autre scoop sous peu! Le Titanic n'a jamais coulé? La guerre du Golfe a été tournée entièrement en studio? A moins que nous n'apprenions que ce sont les Japonais qui ont lancé eux-mêmes une bombe atomique sur Hiroshima?
Tout cela n'est pas sérieux!
[...]
Notes:
4. D'une manière générale, Thierry Meyssan ne cite aucun nom d'expert, ni aucune référence inédite. Il se contente de donner des adresses Internet de sites officiels qui sont aisément consultables (Maison Blanche, gouvernement américain, FBI, discours de secrétaire d'État, etc.).
6. Dans [le livre Les fous du ciel], le lecteur [peut] lire l'enregistrement du contrôleur d'Indy qui a suivi le vol pratiquement jusqu'à son crash sur le Pentagone.»


 

/+/+/+/ pour en savoir plus, on peut lire :
- mensuel Maximal (n°18, avril 2002)
- mensuel Entrevue (n°117, avril 2002)
- hebdo Mariane (n°258, semaine du 1er au 7 avril 2002)
- "Pentagoneries", hebdomadaire le Nouvel Observateur (n°1952, semaine du 4 au 10 avril 2002, page 42)
- "Les sornettes de "L'Effroyable imposture"", hebdomadaire le Nouvel Observateur (n°1966, semaine du 11 au 17 juillet 2002, page 70)
- mensuel "Science & Vie", novembre 2002.
 



+ Ajout de 2008. Le journaliste américain Mike Walter, qui travaillait pour le journal USA Today, passait devant le Pentagone en voiture ce matin-là, et il a vu l'avion passer et il a reconnu un avion d'American Airlines. Mieux, il a été interviewé et filmé sur place peu après et dans son témoignage il dit clairement avoir vu un avion d'American Airlines. Puis, dans sa description, il dit que l'avion volait tellement bas, de façon inhabituelle, qu'on aurait dit un missile avec des ailes. On comprend tout à fait sa façon de s'exprimer. Mais les complotistes à l'esprit tordu ont pris son récit hors contexte, et simplement parlé du fait qu'il avait dit le mot "missile". C'est archi-malhonnête. Voici ce qu'en dit aujourd'hui Mike Walter lui-même :






+++ LIENS INTERNET +++
  1. Le crash sur le Pentagone...
  2. Wikipédia. Vol 77 American Airlines
  3. Rational Wiki. 9/11 conspiracy theories
  4. Popular Mechanics
  5. Pentagon
  6. Pentagon & Boeing 757 Engine Investigation
 

 + à lire :





(NOTE DE L'AUTEUR.)
Mon avis sur la théorie de Meyssan n'a rien à voir avec ce que je peux penser de Thierry Meyssan, ou de ses idées politiques, ou des miennes. NON. Je ne parle que des faits! Seuls les faits, intangibles, indépendants des auteurs, peuvent nous faire parvenir à la conclusion. Peu importe ce que je pense, peu importe ce que je crois, peu importe qui je suis, peu importe que la conclusion, à laquelle on aboutit, inéluctable, me plaise ou non. Peu importe si j'aime les Etats-Unis ou non. Peu importe ce que je pense de George Bush, etc.
Y a-t-il eu, oui ou non, un avion sur le Pentagone? La réponse, que cela nous plaise ou non, est OUI. C'est un fait, point final. Voilà ce que je me devais de dire. Je n'en tire aucune autre conclusion. Je ne fais aucune extrapolation. Je décris la réalité qu'on peut vérifier, c'est tout.
Dans cette histoire, les choses sont simples : on est d'accord, ou on est contre. Il n'y a pas de milieu. C'est soit A, soit B. Je m'explique. Si on discutait de, par exemple : "Est-ce que Picasso était le meilleur peintre du monde?", il y aurait plusieurs réponses que l'on pourrait avoir : 1. oui, bien sûr / 2. non, catégoriquement / 3. peut-être, je ne suis pas artiste / 4. oui, je le pense / 5. non, je ne le pense pas / 6. oui et non, cela dépend de quel élément on prend en compte ; il avait de l'imagination artistique, mais il ne savait pas très bien dessiner les détails, etc. / 7. etc. etc.
Il y a plusieurs réponses possible, et chacun peut avoir son avis, libre à lui. Mais dans notre cas à nous, l'affaire du Pentagone, il n'y a que deux réponses possible : soit OUI, l'avion s'est bien écrasé sur le Pentagone, comme le dit la version officielle, soit NON, il ne s'est pas écrasé là, c'est un mensonge perpétré par l'armée américaine (ou la CIA). C'est tout. En fait, il y a une réponse : il y a eu un événement précis ce jour-là. Alors, en choisissant l'une ou l'autre, soit on a raison, soit on a tort. Point final.
Meyssan affirme. Moi aussi, j'affirme. Pour savoir qui a raison, rien de plus simple pour qui que ce soit : il suffit, indépendamment de moi ou de Meyssan, de lire les arguments de chacun, de vérifier et de réfléchir. La vérification peut être faite, de manière indépendante, par n'importe qui. Ensuite, quand on a la réponse, il est de notre devoir de la rendre publique. Quand les choses sont évidentes, il ne faut pas avoir peur de les dire. Dans mes annexes, je cite des articles où Meyssan reçoit un traitement pire que le mien. Mais ne l'a-t-il pas cherché? Accuser sans preuve, n'est-ce pas un acte grave? Dans le monde dans lequel nous vivons, où les tensions sont vives, mettre de l'huile sur le feu, n'est-ce pas un acte grave?
Mon but est de lancer un défi au lecteur. Je dis, en substance : "Je suis prêt à admettre que je me suis trompé. Si on me met dans le droit chemin, on me rend service, alors je le demande. Donc, si je me trompe, je demande qu'on me le dise. Mais je ne suis pas prêt à me laisser duper par un charlot qui sort des âneries. Je veux des arguments valables. Je les attends. Répondez-moi, montrez-moi où j'ai tort." En clair, je cherche à savoir la vérité. S'il n'y a pas eu d'avion sur le Pentagone, que quelqu'un ridiculise mon article en public. Je ne demande que ça. Cela m'aidera à avancer. Cela étant dit, jusqu'à aujourd'hui, PERSONNE n'a été capable de me montrer que j'ai tort. Et personne ne le pourra, puisque le vol 77 d'American Airlines s'est vraiment écrasé sur le Pentagone !


[François Carlier, 2002, 2013]

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